Un loup rôde en Gruyère
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Un loup rôde en Gruyère

Le loup est officiellement de retour dans le canton de Fribourg après 170 ans d'absence. L'animal, qui pourrait avoir été observé en mars déjà, a trahi sa véritable nature en laissant des traces ADN sur un mouton à la fin du mois passé à Bellegarde.

«Depuis mars, nous supposions la présence d'un loup dans le canton, mais sans preuves. Aujourd'hui, les analyses ADN nous enlèvent le peu de doute qui restait», a dit à l'ATS Walter Schwab, chef du Service fribourgeois des forêts et de la faune. Reste à savoir si le loup observé ce printemps dans la région d'Estavannens/Bulle est le même que celui de Bellegarde.

Depuis le retour naturel du carnassier en Suisse, c'est la première fois que nous avons la preuve de son passage dans le canton, précise M. Schwab. Selon la Direction de l'agriculture et des forêts, le dernier loup du canton de Fribourg a été abattu à Riaz en 1837.

Mouton tué le 31 octobre

Le canidé se balade dans les Préalpes fribourgeoises. Il a attaqué le 31 octobre un troupeau de moutons, tuant une bête et en blessant légèrement une autre à quelque centaines de mètres de l'église du village de Bellegarde, à la frontière bernoise.

Averti, le garde-faune s'est posté non loin du cadavre afin de débusquer le carnassier. Il a pu observer durant trois minutes un grand canidé, convaincu qu'il s'agissait d'un loup. Les analyses ADN, effectuées à Lausanne, ont confirmé l'observation et révélé que le loup était d'origine italienne. Son sexe est en cours de détermination, indique le Service de la faune dans un communiqué.

Passions à canaliser

«Le loup étant un animal qui ne laisse personne indifférent, il faut maintenant canaliser les passions» pro et anti-loup, selon Walter Schwab. Les autorités fribourgeoises veulent convoquer une table ronde, probablement en janvier, pour que tous les milieux concernés puissent donner leur avis et que les intérêts de chacun soient pris en compte.

Des représentants des éleveurs de petits bétails, des chasseurs, du secteur touristique et des défenseurs de l'environnement sont invités. Des aides à la prévention des attaques pourront notamment être fournies.

M. Walter souligne que le «loup a été sympa de confirmer sa présence en hiver». «Cela nous laisse du temps jusqu'en été», saison à laquelle l'animal est susceptible de faire le plus de dégâts aux troupeaux en estivage.

Pas menacé

Le loup «fribourgeois» n'est pas menacé pour l'heure: selon le «Concept Loup Suisse» de la Confédération, on ne peut tirer cette bête que s'il a tué 25 animaux de rente en un mois, ou 35 sur quatre mois.

Son cousin valaisan, qui sévit actuellement dans le Val d'Illiez, ne bénéficie plus de la même protection. Fin octobre, le gouvernement valaisan a autorisé son tir après que le prédateur a largement dépassé le quota de bêtes à dévorer.

Au niveau suisse, on estime entre 5 et 10 le nombre de loups présents, essentiellement dans les Grisons et en Valais. Fin août, un spécimen était signalé dans le canton de Vaud et fin décembre 2006 dans le canton de Berne.

Par prudence, mieux vaut observer le loup de loin, même si généralement l'animal s'enfuit en voyant un homme. Lorsqu'il est acculé, il peut devenir agressif. (ats)

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