Crise en Ukraine: Un maire pro-russe grièvement blessé
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Crise en UkraineUn maire pro-russe grièvement blessé

Le maire pro-russe de Kharkiv, dans l'est de l'Ukraine, a été grièvement blessé par balles lundi. La municipalité a dénoncé un «attentat».

Le maire de la deuxième ville d'Ukraine, Guennadi Kernes, «a été atteint par balles dans le dos. Il est en train d'être opéré. Les médecins luttent pour sa vie», a annoncé la mairie sans plus de précisions.

Le maire était à bicyclette au moment de l'attaque, selon son entourage. Il avait été placé sous contrôle judiciaire en mars par un tribunal de Kiev dans une affaire d'enlèvement et de tortures, mais conservait ses fonctions.

Personnage haut en couleur, M. Kernes a un casier judiciaire pour vol et escroquerie. Il s'est illustré par les méthodes particulièrement musclées utilisées à l'encontre des opposants dans sa ville pendant les trois mois de la contestation pro-européenne qui a renversé le régime du président pro-russe Viktor Ianoukovitch en février.

Des opposants y avaient été régulièrement agressés ou aspergés d'un antiseptique liquide vert difficile à faire partir. Certains ont vu leur voiture brûlée.

Il a aussi favorisé la montée en puissance d'un groupe paramilitaire dit Oplot, mené par un certain Evguen Jiline, ancien policier ayant un casier judiciaire. Ce dernier avait expliqué en février à l'AFP qu'on pouvait «crever l'oeil ou casser une jambe» aux opposants pro-européens s'ils passaient à l'action.

Des militants d'Oplot étaient présents dimanche parmi les insurgés qui ont pris le contrôle de la télévision régionale de Donetsk, capitale de la région de l'Est de l'Ukraine en proie à une insurrection pro-russe.

Après la fuite et la destitution du président Ianoukovitch en février, M. Kernes a lui aussi fui Kharkiv avec son allié, le gouverneur de la région Mikhaïlo Dobkine, avant de revenir rapidement dans le pays.

M. Dobkine a été limogé de son poste du gouverneur mais s'est déclaré candidat à la présidentielle anticipée du 25 mai pour le compte du Parti des régions, ancienne formation de Viktor Ianoukovitch.

La mission d'observation de l'OSCE pas remise en cause

La mission spéciale d'observation de l'OSCE n'est pas remise en cause par la prise en otages des observateurs militaires qui n'en sont pas membres, a affirmé lundi à Interlaken Didier Burkhalter.

Le président en exercice de l'organisation rappelle toutefois que l'Ukraine est garante de la sécurité de la mission.

Si l'OSCE constatait qu'il n'est plus possible de travailler sur place, «nous prendrions les mesures qui s'imposent», a indiqué le président de la Confédération, en marge d'une conférence sur l'antiterrorisme à Interlaken (BE). Mais il affirme que ce scénario n'est pas observé actuellement.

Actuellement, la mission d'observation spéciale de l'OSCE totalise quelque 150 personnes, dont 122 observateurs. Les observateurs militaires ont eux été déployés après un accord entre l'Ukraine et d'autres Etats de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

L'OSCE n'est pas intervenue dans cette procédure. Malgré tout, la mission spéciale a été chargée de négocier leur libération. L'un de ses responsables devait encore se rendre à Slaviansk lundi pour tenter à nouveau d'obtenir cette issue.

«Ne pas jeter d'huile sur le feu»

Interrogé sur le statut des pro-Russes à Slaviansk, M. Burkhalter n'a pas souhaité répondre «pour ne pas jeter de l'huile sur le feu». Ni sur la qualification d'opération «antiterroriste» dans l'est de l'Ukraine utilisée par le Gouvernement de Kiev.

«Nous faisons tout notre possible» pour inciter tous les acteurs à choisir la voie du dialogue plutôt que celle de la violence, «par les mots ou par les actes», a ajouté M. Burkhalter. (ats/afp)

La chaise ukrainienne reste vide à Interlaken

La chaise ukrainienne est restée vide lundi à l'ouverture de la conférence de l'OSCE sur l'antiterrorisme à Interlaken (BE). Le président en exercice de l'OSCE Didier Burkhalter a indiqué que tous les Etats étaient invités à participer s'ils le souhaitent. Un responsable ukrainien était annoncé. Il ne faut pas y voir de boycott mais simplement une actualité qui leur impose d'autres obligations, a indiqué à l'ats une source présente à Interlaken. En revanche, la délégation russe s'est largement mobilisée pour assister à la conférence.

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