Naufrage en Méditerranée: Un manque à gagner de plus de 80 millions

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Naufrage en MéditerranéeUn manque à gagner de plus de 80 millions

Le croisiériste américain Carnival a chiffré lundi entre 80 et 90 millions de francs l'impact immédiat du naufrage sur ses comptes.

Cette somme reflète le manque à gagner généré par l'échouement du bateau, a indiqué lundi le groupe américain dans un communiqué. «De surcroît, la compagnie s'attend à d'autres coûts qu'elle n'est pas en mesure de déterminer à l'heure actuelle», a-t-elle ajouté.

La perte de recettes provoquée par la catastrophe ne faisait pas l'objet d'un contrat d'assurance auprès d'un tiers, le groupe ayant choisi de s'auto-assurer.

Le navire échoué était couvert par une assurance spécifique, avec une franchise d'environ 30 millions de dollars. Le groupe était aussi couvert pour les dommages infligés aux tiers, avec une franchise de l'ordre de 10 millions de dollars «pour cet incident».

Pour l'heure, le groupe affirme que sa priorité reste «la sécurité de ses passagers et de son personnel». «Nous sommes profondément attristés par cet événement tragique et nos coeurs s'unissent à tous ceux qui ont été touchés par l'échouement du «Costa Concordia», en particulier aux familles et aux proches de ceux qui ont perdu leur vie», a indiqué lundi matin le PDG Micky Arison.

Craintes pour l'environnement

Le ministre italien de l'Environnement, Corrado Clini, a affirmé craindre un «désastre» écologique après le naufrage du gigantesque paquebot de croisière «Costa Concordia», tout près de l'île italienne du Giglio dans une superbe zone naturelle toscane.

«C'est notre cauchemar depuis l'autre nuit», confie-t-il dans une interview au quotidien «La Stampa». «Le navire a des réservoirs pleins de carburant, c'est un gasoil dense, lourd, qui pourrait se sédimenter dans les fonds, ce serait un désastre.»

Imaginant le pire, le ministre explique que le carburant pourrait «se disperser en mer, contaminant une côte exceptionnelle avec les effets, connus en pareil cas, sur la faune marine et les oiseaux».

«Nous sommes prêts à intervenir en cas de fuite dans la mer, affirme toutefois M. Clini. Dès que ce sera possible, ce carburant sera extrait du navire. Le problème est qu'il faut tenir compte de l'équilibre précaire de la coque».

Pour le ministre, «la priorité est encore de sauver les éventuels survivants, jusqu'à présent commencer à vider les réservoirs est dangereux». Et à terme, il faudra retirer le navire, «qui bloque l'entrée du port et représente un problème environnemental et touristique».

Alors que la polémique monte sur le passage des géants des mers comme le «Costa Concordia» très près des côtes, le ministre annonce sa volonté de «définir les instruments les plus adaptés pour que des situations de ce genre ne se répètent pas».

«Il y a déjà des règles et des limitations, mais elles sont en partie tempérées et quelquefois détournées», accuse-t-il, tout en indiquant ne pas savoir «si le gouvernement doit prendre des mesures autoritaires» comme une interdiction de la navigation près des côtes.

«La mesure de prévention sera probablement de lier la gestion de ces routes aux bonnes pratiques, les ancrer aux objectifs de protection de l'environnement déjà établis», souligne-t-il. (ats)

Quatre Français font encore l'objet de vérifications

Quatre passagers français du paquebot Costa Concordia qui a fait naufrage vendredi soir près d'une île de Toscane à l'ouest de l'Italie, font encore l'objet de vérifications, a indiqué lundi matin à l'AFP le ministère des Affaires étrangères.

Sur les 21 passagers français dont on était sans nouvelles dimanche soir, 17 ont été localisés grâce à des informations fournies par leurs familles ou par les autorités italiennes ou encore par la compagnie Costa, et des vérifications du centre de crise du ministère se poursuivent pour quatre autres, a-t-il précisé.

Des informations de sources italiennes ont fait état de la présence éventuelle de deux couples de Français parmi une quinzaine de disparus, mais cette information n'a pas été confirmée de source officielle française.

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