20.08.2020 à 06:33

MODÈLESUn maquettiste crée des bâtiments «improbables»

Le photographe et maquettiste Frank Kunert a conçu des maisons «absurdes et improbables», qu’il a ensuite réalisées sous forme de maquettes miniatures.

de
Meret Steiger
20.8.2020
«Under the Bridge»
Est-ce une maison? Non, il s’agit d’un pilier de pont. À moins que ce ne soit les deux. Le photographe et maquettiste Frank Kunert est amateur d’absurde.

«Under the Bridge»
Est-ce une maison? Non, il s’agit d’un pilier de pont. À moins que ce ne soit les deux. Le photographe et maquettiste Frank Kunert est amateur d’absurde.

Frank Kunert
«Climbing Holidays»
Il aime concevoir des bâtiments «improbables», comme par exemple cet hôtel inaccessible …

«Climbing Holidays»
Il aime concevoir des bâtiments «improbables», comme par exemple cet hôtel inaccessible …

Frank Kunert
«One Bedroom Apartment»
… ou ce minuscule appartement d’une chambre à coucher.

«One Bedroom Apartment»
… ou ce minuscule appartement d’une chambre à coucher.

Frank Kunert

En bref

  • Frank Kunert est photographe et maquettiste.
  • Il conçoit des bâtiments «improbables».
  • Certaines de ses oeuvres plus anciennes sont totalement d’actualité en raison du coronavirus.

Le maquettiste et photographe allemand Frank Kunert a pour objectif de souligner «l’absurdité de la vie» avec son projet et ses modèles d’architecture qui ne paraissent normaux qu’à première vue. Car, quand on y regarde d’un peu plus près, on s’aperçoit très vite que quelque chose cloche.

Au premier coup d’oeil, le modèle «Under the Bridge» a l’air d’une maisonette en béton située le long d’une route. Ce n’est qu’en regardant d’un peu plus près qu’on se rend compte que la maison est en réalité un pilier du pont sous lequel elle se trouve. «Climbing Holidays» montre un hôtel nullement accessible, car posé sur un pilier surélevé.

«Un mélange de jeux de mots et de situations de la vie»

Au magazine d’architecture «Dezeen», Frank Kunert a déclaré: «Tout commence avec cette idée de l’absurde. Je développe les idées en jouant avec les mots et les phrases, mais aussi en observant la communication interpersonnelle. La façon dont les gens interagissent les uns avec les autres est un thème récurrent dans mon travail», ajoute-t-il.

D’après ses dires, il y a également une touche d’humour noir dans ses modèles. Pour ce faire, il aime bien aller dans l’exagération avec ses créations miniatures, toutes faites d’objets et de matériaux du quotidien. C’est le cas notamment de «One Bedroom Apartment». On y voit une porte de placard ouverte, sauf qu’il y a un lit à l’intérieur.

Une critique sociale

Une autre de ses oeuvres, «A Place in the Sun», montre la différence de classes sociales qui existe dans de nombreuses villes. Alors que le nouveau bâtiment dispose d’une belle terrasse, les anciennes maisons voisines se retrouvent en quelque sorte «dans l’ombre». Frank Kunert se moque également de la culture et n’hésite pas à déplacer une exposition dans un musée dont l’escalier est en suspension au-dessus du sol.

«J’espère que le spectateur trouvera mes modèles amusants, mais qu’il sera également sensible à la mélancolie, à l’ambivalence et à la tragédie de la réalité», déclare l’artiste sur son site internet.

Pas des modèles existants

D’après Frank Kunert, les créations ne sont pas basées sur des modèles existants. Son intention n’est pas de condamner quoi que ce soit. «Je ne prétends pas que quelque chose est beau ou laid. Personnellement, je trouve chaque style architectural intéressant et inspirant. Pour mes modèles, je m’oriente naturellement vers les éléments qui sont propres à chaque style», explique t-il.

Pour créer ses oeuvres, Frank Kunert utilise des planches de mousse, du bois et du carton. Pour l’aménagement, il cherche généralement des meubles de maison de poupée, qu’on peut dénicher dans des magasins spécialisés ou sur les marchés aux puces. Il y trouve notamment de petits tapis ou des mini-parasols.

Des matériaux détournés

L’artiste dit également avoir «une étagère pleine de matériel», notamment des emballages qu’il a conservés et qu’il compte détourner de leur usage d’origine. Il utilise notamment des maniques, surtout celles avec des bordures, comme rideaux. Pour lui, une simple paille a vite fait de devenir un vase, une boîte de conserve ou encore de la tuyauterie…

Frank Kunert a également trouvé l’inspiration dans la crise du coronavirus. «Room with a View» est son interprétation de la distance sociale. En 2017, le maquettiste avait créé une oeuvre, aujourd’hui en parfaite adéquation avec le sujet. Il s’agit de «Privacy», qui montre une table ronde avec des séparations. «De nombreuses scènes que j’ai créées par le passé sont en parfait accord avec notre nouvelle normalité», conclut-il.

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