Un match à quitte ou double pour la France
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Un match à quitte ou double pour la France

La France joue son avenir et sa réputation lors de son troisième match de la Coupe du monde de rugby qui l'oppose vendredi soir au Stade de France à l'Irlande.

En perdant (12-17) face à l'Argentine dans le match d'ouverture, le Quinze tricolore a grillé son joker. Une nouvelle défaite, cette fois face à l'Irlande, l'éliminerait d'office dans la course à l'une des deux premières places du groupe D, qualificatives pour les quarts de finale.

Jamais la France n'a été sortie du Mondial avant les quarts de finale. Jamais un hôte de Coupe du monde n'a été évincé de la compétition en phase de poules.

«On n'a pas le droit de perdre et on ne pense même pas à perdre», assure l'ailier Vincent Clerc. «C'est trop important car nous représentons tout le pays et on a le devoir de bien faire dans cette compétition.»

Les Bleus reviennent au Stade de France où les guette le fantôme du match manqué contre l'Argentine. «Il ne faut pas y penser, mais ne pas l'oublier», estime l'ailier Cédric Heymans qui, titularisé à l'arrière face aux Pumas, passa une soirée difficile sous les chandelles de Juan-Martin Hernandez.

Depuis l'échec devant les Sud-américains, l'équipe entraînée par Bernard Laporte a aspiré une grande bouffée d'oxygène dans sa victoire record sur la Namibie (87-10) dimanche dernier.

«On a remis la marche avant et on ne se pose plus de questions», assure l'ouvreur Frédéric Michalak.

Mais la pression demeure. Elle est même plus forte que lors du match inaugural. Le capitaine et talonneur Raphaël Ibanez a sa recette pour appréhender au mieux la rencontre.

«On n'a pas à réfléchir, il faut prendre les tâches les unes après les autres. C'est le meilleur moyen de dédramatiser cet événement», souligne Ibanez. Le capitaine tricolore a regretté de n'avoir pas su anticiper le malaise des siens avant le choc contre les Argentins. Cette fois il s'est promis «d'être plus direct et plus directif».

Adossée au mur, la France est capable des plus grandes révoltes. «Maintenant, on a la bonne peur, celle qui transcende», avoue le 2e ligne Jérôme Thion.

L'Irlande est aussi dans ce cas de figure. Après une préparation décevante, elle a entamé la compétition par deux matches poussifs. A la peine contre la Namibie (32-17), les joueurs d'Eddie O'Sullivan se sont franchement fait peur devant la Géorgie (14-10).

Comme l'avaient fait les Français après la défaite sur l'Argentine, les Irlandais se sont expliqués d'homme à homme et se disent confiants.

«La confiance vient de l'expérience de ces cinq dernières années durant lesquelles le groupe à joué ensemble», explique l'ailier remplaçant Paddy Wallace. «Nous avons été moins bons lors de nos deux premiers matches mais nous sommes confiants car nous pouvons élever notre niveau de jeu de 30 à 40%».

L'Irlande veut aussi gagner pour ne pas avoir à jouer sa qualification face à l'Argentine dans le dernier match des deux équipes le 30 septembre.

O'Sullivan a fait sa petite révolution de palais en sortant deux de ses cadres, l'ailier Denis Hickie et le demi de mêlée Peter Stringer, jugé jusque-là inamovible avec ses 79 sélections et surtout sa complicité avec Ronan O'Gara. Le petit «neuf» du Munster sera remplacé par Eoin Reddan, le partenaire d'Ibanez aux Wasps.

«Ce n'est pas forcément bon pour nous», commente Ibanez. «Reddan est un bon joueur, coureur et plus provocateur que Stringer. Il utilise bien les espaces autour de la mêlée.»

L'Irlande réussit bien à la France, qu'elle n'a pas battu depuis le printemps 2003. Mais connaissant bien les Irlandais, les Tricolores ne croient pas une minute que leurs récentes prestations en Coupe du monde marquent un début de déclin.

«Ils ont des joueurs de grande qualité capables de retrouver le bon niveau à n'importe quel moment», note le 3e ligne Julien Bonnaire. «Simplement, ils n'ont pas encore lancé leur Coupe du monde. A nous de faire en sorte que cela ne se produise pas vendredi.»

Pour constituer son équipe, l'encadrement tricolore a très largement puisé parmi les quinze joueurs qui avaient commencé le match contre la Namibie et a reconduit en intégralité les lignes arrières.

Les Bleus espèrent décrocher le bonus offensif qui pourrait bien avoir son importance pour l'attribution de la première place du groupe, qui permettra d'éviter les All Blacks en quarts. (ap)

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