Actualisé 21.10.2015 à 15:18

Yverdon-les-Bains (VD)

Un médecin-chef accusé d'homicide par négligence

Le procès d'un chirurgien de 53 ans s'est ouvert mercredi devant le Tribunal d'arrondissement de la Broye et du Nord vaudois. Un de ses patients était décédé en 2011.

Médecin-chef du département de chirurgie, l'accusé aurait adopté selon l'accusation une «attitude attentiste trop risquée». Le patient de 77 ans est mort des complications survenues après avoir subi une ablation de la vésicule biliaire en juin 2011 à l'Hôpital Intercantonal de la Broye (HIB) La cause exacte du décès est inconnue.

Complications post-opératoires

Après son opération du jeudi 16 juin 2011, l'homme a présenté différentes complications dans la nuit et les jours qui ont suivi, dont des brûlures urinaires, une constipation et des ballonnements.

La prise de sang ayant révélé des valeurs hautement pathologiques et l'état de son patient s'étant dégradé, le médecin-chef a ordonné un scanner. Il a notamment constaté la présence d'une importante quantité de liquide dans la région du foie.

Contre l'avis de certains collègues, le médecin a renoncé à réopérer d'urgence son patient. Aucune prise en charge n«a été réalisée par les soins intensifs. A minuit, le patient a été trouvé inanimé dans son lit et n'a pu être sauvé, malgré une tentative de réanimation cardio-pulmonaire.

Défaillance multi-organique

Selon l'expert entendu à l'audience, la cause la plus probable du décès est une défaillance multi-organique, vraisemblablement provoquée par une péritonite biliaire. A ses yeux, l'accusé a sous-estimé la gravité de la situation.

Les lésions biliaires surviennent dans 4 cas sur 1000 après une ablation de la vésicule biliaire. Le problème ne réside pas dans le fait qu'une lésion soit survenue, mais dans le fait qu'elle ait été insuffisamment prise en charge, a poursuivi l'expert.

Nécessité de réopérer

L'accusé aurait dû effectuer un scanner plus tôt, puis procéder à des examens complémentaires et réaliser une nouvelle opération, à tout le moins pour drainer la fuite de liquide. Selon l'expert, le prévenu aurait dû s'assurer de la prise en charge de son patient aux soins intensifs.

Plus de 90% des patients survivent en cas de péritonite biliaire bien traitée. Il existe toutefois une probabilité non négligeable de 20 à 30% que le décès soit survenu en raison d«une cause non directement liée à l'opération, comme un infarctus, a noté l'expert.

Pas nécessaire

A l'audience, l'accusé a expliqué qu'il a demandé une prise en charge aux soins intensifs. Ces derniers l'auraient refusée, considérant que l'état du patient ne le nécessitait pas. Il dit n'avoir pas été averti par l'hôpital lors de la dernière nuit, lorsque l'état de son patient s'est dégradé. Une contre-expertise a été refusée par le Ministère public. (ats)

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