Actualisé 18.12.2013 à 10:16

Suisse

Un médecin sur cinq touche un bonus

Les bonus ne sont pas l'apanage du monde bancaire. Les médecins y ont également droit.

Environ 20% des médecins-chefs ou adjoints des hôpitaux de soins aigus ont touché en 2012 des bonus en fonction d'objectifs quantitatifs. Cette pratique incite à se concentrer sur les tâches facilement mesurables et à manipuler le système, critique la Fédération des médecins suisses (FMH).

Ces gratifications récompensent notamment le nombre de cas pris en charge. Le case-mix de la clinique, soit la moyenne de la gravité des maladies traitées, peut aussi être sujet à bonus. Plus ce taux est élevé, plus le montant des gratifications augmente, explique mercredi à l'ats Pierre-François Cuénoud, vice-président de la FMH.

Ce modèle constitue un «incitatif pernicieux», qui pousse les hôpitaux à définir des buts «facilement atteignables». Les pathologies «polymorbides, soit des gens qui souffrent de plusieurs problèmes différents», demeurent peu prisées. Elles rapportent «beaucoup moins qu'elles ne coûtent».

Effets contre-productifs

Ces bonus peuvent donc avoir des effets contre-productifs lors de tâches complexes, écrit la FMH, se fondant sur une enquête qu'elle a mandatée. Le système du paiement à la performance («Pay for Performance») attire les personnes dont les motivations sont moins orientées vers le «bien de la communauté».

Le Comité central et l'Assemblée des délégués de la FMH rejettent «clairement les bonus liés aux objectifs». Ils s'appuient pour cela notamment «sur le Code de déontologie des médecins et sur des études empiriques».

A la place de ces gratifications, la faîtière recommande d'instaurer des mesures non financières, soit des distinctions symboliques «ou un feed-back de soutien par un pair». Par cette prise de position, la FMH compte soutenir les médecins lors de la négociation de leurs contrats. (ats)

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