Lausanne – Un médicament anti-Covid «très puissant» créé par le CHUV et l’EPFL
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LausanneUn médicament anti-Covid «très puissant» créé par le CHUV et l’EPFL

Des tests le montrent: un anticorps découvert à Lausanne bloque et élimine le virus, variant Delta compris. Mais avis aux anti-vaccin: il ne leur est pas destiné.

par
Yannick Weber
CHUV

Il est décrit comme l’un des «plus puissants identifiés à ce jour». Mardi, le CHUV et l’EPFL ont partagé leur découverte: un anticorps qui protégera d’une infection au Covid pendant 4 à 6 mois, tout en aidant à prendre en charge les personnes déjà infectées qui développent une forme sévère. Ce n’est de loin pas le premier médicament découvert, voire même déjà commercialisé. Or celui-ci a un avantage: même le variant Delta ne lui résiste pas.

Il ne remplace pas le vaccin

Il est destiné à être «une option préventive pour les personnes vulnérables» qui ne peuvent être vaccinées ou chez qui la vaccination ne prend pas. «Celles-ci pourront être protégées grâce à une injection de l’anticorps deux à trois fois par an», ajoutent les deux institutions.

Mais attention, malgré ses similitudes (protection préventive, injection intramusculaire), ça n’est pas un vaccin. De quoi intéresser alors ceux qui le refusent? «Il n’est absolument pas question ici de remplacer le vaccin», coupe le Prof. Giuseppe Pantaleo, chef du service d’immunologie au CHUV.

Se tenir prêts pour l’avenir

Un vaccin peut être administré à des populations entières pour des coûts bas et leur fabrication est plus simple. L’anticorps, lui, est bien plus coûteux, il est aussi plus complexe à créer: il sera destiné aux personnes qui ne peuvent être immunisées par la vaccination, ajoute-t-il.

L’anticorps n’a d’ailleurs pas vocation à être un dispositif qui vise à mettre un terme à la pandémie. «Notre philosophie, c’est d’être prêts. La vaccination a un impact fantastique. Mais il y a encore quotidiennement, dans le monde, des centaines de milliers d’infections, ce qui crée le risque de l’apparition de nouveaux variants. Il faut être prêts, et avoir à disposition des outils pour protéger les populations vulnérables», dit Giuseppe Pantaleo.

Des hamsters, des singes, puis les humains

Il n’est de toute manière pas sûr que les réfractaires au vaccin n’aient été intéressés par le médicament. S’ils estiment que les presque 4 milliards de doses de vaccin déjà inoculées dans le monde ne leur suffisent pas pour avoir «assez de recul» sur les effets secondaires, il serait bien surprenant qu’ils acceptent sans ciller un médicament testé pour l’heure uniquement… sur des hamsters. Les tests vont se poursuivre sur des singes, mais l’anticorps n’a pas enore été testé sur l’homme, les essais cliniques étant prévus pour fin 2022. À cet égard, le CHUV rappelle toutefois que les traitements par anticorps sont déjà monnaie courante en médecine, notamment pour traiter des cancers.

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