Ukraine - Un militant biélorusse porté disparu à Kiev est retrouvé pendu
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UkraineUn militant biélorusse porté disparu à Kiev est retrouvé pendu

Vitali Chychov, chef de la Maison biélorusse en Ukraine, n’est jamais revenu après son jogging lundi matin. Il a été retrouvé mardi, pendu dans un parc.

Un militant biélorusse, chef d’une ONG aidant ses compatriotes ayant fui le Bélarus en raison de répressions, a disparu lundi à Kiev, a indiqué son organisation sur Telegram. Mardi, la police a annoncé qu’il avait été retrouvé pendu dans un parc près de chez lui. Selon l’une des versions étudiées, il pourrait s’agir d’un «meurtre camouflé en suicide».

Vitali Chychov, chef de la Maison biélorusse en Ukraine, était parti faire un jogging à Kiev lundi matin mais n’est pas revenu, a précisé cette organisation. Il ne pouvait pas être joint sur son téléphone portable, selon la même source. L’organisation de défense des droits humains Viasna a indiqué sur Telegram que selon des amis de Vitali Chychov, ce dernier avait déjà été suivi par des «inconnus» pendant son jogging. À la suite de la confirmation de décès de l’activiste, l’ONG Maison biélorusse a accusé directement le régime du président Alexandre Loukachenko. «Il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’une opération planifiée des tchékistes (terme désignant les forces de sécurité) pour liquider (une personne) véritablement dangereuse pour le régime bélarusse», a indiqué l’organisation sur Telegram.

Les Nations unies ont appelé les autorités ukrainiennes à mener une enquête «rigoureuse». Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU a estimé que les menaces envers la société civile bélarusse devaient cesser, mais a souligné qu’il n’établissait pas de lien direct entre la mort de Vitali Chychov et la répression des dissidents par le régime du président bélarusse Alexandre Loukachenko. «Cela ajoute un nouveau niveau d’inquiétudes et de préoccupations à propos de ce qui se passe au Bélarus», a déclaré une porte-parole, Marta Hurtado, à des journalistes à Genève.

Répression féroce

De nombreux Biélorusses ont fui leur pays, souvent pour l’Ukraine, la Pologne et la Lituanie, sur fond d’une répression féroce de toute contestation dans leur pays, une ex-république soviétique nichée entre la Russie et l’UE et dirigée d’une main de fer depuis 1994 par le président Alexandre Loukachenko.

L’affaire de Chychov intervient au lendemain de l’incident avec la sprinteuse bélarusse Krystsina Tsimanouskaya qui a déclaré être contrainte à se retirer des Jeux olympiques de Tokyo et menacée d’un rapatriement forcé pour avoir critiqué sa fédération sur les réseaux sociaux.

L’athlète qui a obtenu lundi un visa humanitaire de la Pologne a dit craindre d’être emprisonnée si elle retourne dans son pays qui a vu des milliers d’arrestations et d’exils forcés d’opposants, ainsi que la liquidation de nombre d’ONG et médias indépendants.

À Kiev le 19 avril 2019.

À Kiev le 19 avril 2019.

AFP
(AFP)

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