Carburant: Un millier de stations-service menacées
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CarburantUn millier de stations-service menacées

La réduction drastique de la consommation des véhicules conduira à la fermeture de nombreux points de vente, prévoit le patron de BP Suisse.

par
laf

La diminution de la consommation des automobiles a un coût: la vie des stations-service. C'est en substance le message adressé par Ramon Werner, le patron de BP Suisse. Selon lui, le renouvellement du parc automobile suisse va rendre, d'ici 2030, entre 20 et 30 pour cent des stations-service inutiles.

Demande à la baisse

Les ventes de carburant s'affichent du reste en constante baisse ces dernières années en raison des progrès réalisé par l'industrie automobile avec des véhicules consommant moins d'essence. «Les 3594 stations-essence doivent se partager un gâteau dont la taille se rétrécit sans cesse. En raison de la baisse, je m'attends dans les prochains années à une concurrence plus rude et à une baisse des marges», analyse Ramon Werner dans Der Sonntag. Il table sur une baisse du volume des achats de 1,25 pour-cent par an. Cela représente, pour 2030, une baisse du chiffre d'affaire de 25 pour-cent. Ce scénario tient compte de la croissance de la population, mais pas d'un éventuel boom des véhicules électriques.

Changement structurel

BP a subi une légère baisse du chiffre d'affaire dans les ventes de carburant, pendant que les shops ont enregistré eux des taux de croissance jusqu'à deux chiffres. Malgré le succès des shops, Ramon Werner s'attend à un changement structurel: «Il y a trop de station-services. Je m'attends à ce qu'entre 20 et 30 pour cent d'entre elles disparaissent d'ici 2030», professe-t-il. Cela voudrait dire qu'entre 700 et 1000 propriétaires de stations-service devraient mettre la clé sous le paillasson. Selon Ramon Werner, ce sont principalement les petites stations-service qui vont en faire les frais, car elle ne pourront plus financer les investissements nécessaires. L'analyse du patron de BP est partagée par Niklaus Boss, directeur général de l'Association pétrolière. Le réseau de station-services se réduit au fur et à mesure de l'entrée en vigueur de nouveaux règlements ou d'innovations techniques où les petites propriétaires n'arrivent plus à consentir les investissements.

Rude concurrence

L'an dernier, 32 stations-service ont dû fermer. Dans le même temps, 35 nouvelles ont ouvert avec des investissements conséquents dans le shop. La densité du réseau de stations de remplissage est cependant, d'un point de vue du consommateur un avantage, car elle renforce la concurrence locale et peut conduire à la guerre des prix. «La plus grande influence sur le prix à la pompe à essence? La concurrence locale», a confirmé Ramon Werner. Les écarts entre les prix pratiqués à la pompe varient selon les régions, jusqu'à 10 centimes par litre. Les propriétaires tablent sur des marges moins élevées sur le carburant, misant plus sur le shop et ses services. Mais les station-services n'ont pas tous le même succès. Elles souffrent particulièrement dans les zones frontalières et sur les autoroutes avec des baisses des ventes de l'ordre de 10 pour-cent, selon le patron de BP.

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