Actualisé 13.03.2013 à 18:34

SyrieUn million de réfugiés après deux ans de guerre

L'ONU a exhorté mercredi la communauté internationale à débloquer massivement des fonds pour aider le plus d'un million de réfugiés syriens ayant fui la guerre. Le Liban, qui en accueille 340'000, tire la sonnette d'alarme.

Rappelant que le nombre de réfugiés syriens pourrait doubler voire tripler d'ici la fin de l'année dans les pays voisins, le Haut Commissaire de l'ONU aux réfugiés Antonio Guterres a estimé mercredi que «les pays d'accueil et les agences humanitaires ne seront pas capables de répondre (à une telle situation), sauf s'ils bénéficient d'un soutien plus important de la communauté internationale».

Enfants soldats

Parmi les Etats concernés, celui du Liban accueille à lui seul 340'000 Syriens alors qu'il ne compte que quatre millions d'habitants. Antonio Guterres s'y rendra jeudi, alors que le premier ministre libanais Najib Mikati a appelé les pays arabes au secours, estimant qu'il aurait besoin d'au moins 370 millions de dollars (352 millions de francs) cette année pour faire face à la situation.

Les hôpitaux libanais sont remplis de Syriens blessés ou malades et les médecins ont du mal à prévenir les foyers de maladie, avec 340'000 réfugiés qui s'entassent dans des communautés d'accueil sur l'ensemble du territoire, a déclaré Najib Mikati dans une interview à Reuters.

Par ailleurs, l'ONG Save the children a mis en garde contre le recours de plus en plus fréquent aux enfants sur la ligne de front en Syrie, les deux parties en conflit n'hésitant pas à s'en servir comme soldats ou même comme boucliers humains. La veille, l'UNICEF avait déjà souligné que plus de deux millions d'enfants syriens étaient en passe de devenir une «génération perdue».

Pas de répit pour le sang

En Syrie, les combats entre l'armée et les groupes rebelles ne connaissaient pas une minute de répit. L'UE a annoncé mercredi que les violences ont coûté la vie à un conseiller syrien de la délégation de l'Union européenne à Damas. L'homme a tué mardi au cours d'une attaque à la roquette dans la banlieue où il habitait.

Par ailleurs, l'agence officielle Sana a annoncé «la chute de deux obus de mortier tirés par des terroristes près d'un orphelinat» à Damas, sans donner de bilan. L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a confirmé ces tirs, faisant état de deux enfants morts et de 30 blessés.

Toujours selon l'OSDH, quatre personnes sont mortes lors de nouveaux combats opposant les troupes régulières à des rebelles à la frontière avec le Liban, dans la province de Homs. Le régime a fait savoir qu'il a les moyens de combattre les insurgés «pendant des années».

Et à coups de raids aériens, l'armée tentait toujours de reprendre le contrôle du quartier symbolique de Baba Amr, attaqué dimanche par surprise par les rebelles un an après sa reprise par les loyalistes.

Manifestation contre les jihadistes

Toujours en Syrie, des habitants d'une localité de l'est ont manifesté pour le troisième jour consécutif pour réclamer le départ des jihadistes du Front Al-Nosra bien implantés dans la zone, a indiqué une ONG syrienne.

Ils protestent contre l'imposition de la loi islamique après la mise en place par le Front Al-Nosra, qui combat au côté des rebelles le régime syrien, d'un Conseil religieux et d'une police religieuse pour gérer les affaires à Mayadine, a précisé l'OSDH.

La révolte syrienne, qui avait débuté par une contestation pacifique avant de se transformer en massacre, 70'000 personnes ayant perdu la vie et des millions d'autres ayant été déplacées selon l'ONU, entrera vendredi dans sa troisième année.

A cette occasion, les Frères musulmans, influente composante de l'opposition, ont appelé à une semaine de solidarité avec le peuple syrien, du 15 au 22 mars. (ats)

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