Actualisé 07.03.2011 à 16:47

Heurts en LibyeUn million de réfugiés ont besoin d'aide

Les agences de l'ONU ont lancé lundi à Genève un appel de 160 millions de dollars pour trois mois en réponse à la crise en Libye.

Un million de personnes ont besoin d'aide à la suite de la crise en Libye, a affirmé lundi à Genève l'ONU. Un premier appel de 160 millions de dollars a été lancé pour trois mois. Si le flux de migrants vers la Tunisie a ralenti, il pourrait à nouveau augmenter.

«Cet appel est basé sur un scénario selon lequel 200'000 personnes supplémentaires vont fuir les violences en Libye et s'ajouter aux 200'000 qui sont déjà parties en Tunisie, en Egypte et au Niger», a affirmé à la presse la cheffe du Bureau des Affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) Valérie Amos.

Les agences de l'ONU et leurs partenaires, en tout 17 organisations, prévoient d'aider en outre 600'000 personnes en Libye au cours des trois prochains mois. «Cet appel sera révisé d'ici deux semaines en fonction de l'évolution des besoins», a précisé la responsable de l'ONU.

Le directeur général de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) William Lacy Swing a souligné que seulement 15% environ des immigrés vivant en Libye ont quitté le pays.

Vive inquiétude

«Le flux de migrants a ralenti et un effort de rapatriement massif a permis de décongestionner la frontière en Tunisie. Mais nous craignons que si la situation se détériore, il faille de nouveau augmenter notre aide pour faire face à un nouvel exode massif», a averti le Haut Commissaire aux réfugiés Antonio Guterres.

«Des centaines de milliers d'immigrés africains se trouvaient en Libye. Très peu ont franchi la frontière. Ils vivent terrorisés et n'osent pas bouger», a affirmé le Haut Commissaire, en exprimant sa vive inquiétude.

Le flot de migrants à la frontière tunisienne a fortement baissé ces derniers jours: de dix mille par jour il y a une semaine à 2000 en moyenne par jour ces quatre derniers jours. L'ONU ne peut que spéculer sur les raisons du ralentissement de l'exode: routes plus dangereuses, déploiement d'hommes armés loyaux à Kadhafi contrôlant la frontière, difficultés pour se déplacer dans l'ouest du pays en raison de nombreux barrages et des combats.

Garder les frontières ouvertes

Tant l'OIM que le HCR ont souligné que, jusqu'ici, les migrants qui ont fui les violences en Libye n'avaient qu'un seul désir, de rentrer chez eux, et non pas de se rendre dans un pays tiers. Antonio Guterres a loué la Tunisie et l'Egypte pour leur hospitalité.

Il a demandé à tous les pays de garder les frontières ouvertes en cas de nouvel afflux et d'offrir à ceux qui ne peuvent retourner dans leur pays, comme des Somaliens, Erythréens, Palestiniens et Irakiens, des possibilités de réinstallation dans un pays tiers.

L'ONU travaille avec les autorités de Tripoli à l'envoi aussi vite que possible d'une mission d'évaluation dans la capitale libyenne. «Nous sommes très préoccupés par les informations selon lesquelles des personnes sont blessées et tuées et ne peuvent pas recevoir d'aide. Il est clair que nous voulons obtenir un accès sans entraves au territoire libyen», a fait savoir Valérie Amos.

Appel à l'aide

L'ONU a reçu un appel à l'aide de médecins à Misrata, après de sérieux combats qui ont eu lieu dimanche dans cette ville, a indiqué Valérie Amos. Selon des informations du Croissant-Rouge libyen, des secours médicaux ont été détruits et des ambulances ont été utilisées par des combattants.

Une mission de l'ONU a été déployée la semaine dernière à Benghazi dans la partie est du pays. Sur l'appel de 160 millions, l'OIM a besoin de 49 millions, le PAM de 43 millions et le HCR de 32 millions. Vendredi, le CICR avait lancé pour sa part un appel de 24 millions de francs. Deux équipes avec 16 délégués aident le personnel libyen à Benghazi et Ajdabya.

(ats)

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