Slovaquie: Un millionnaire remporte la présidentielle
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SlovaquieUn millionnaire remporte la présidentielle

Le richissime Andrej Kiska, novice dans le monde de la politique, a nettement remporté dimanche le second tour de l'élection présidentielle slovaque.

Andrej Kiska a obtenu près de 60% des voix.

Andrej Kiska a obtenu près de 60% des voix.

Les Slovaques ont ainsi refusé de voir leur pays dirigé par un seul parti, le Smer-SD du premier ministre Robert Fico, candidat vaincu.

«Je veux remercier les électeurs qui m'ont donné un mandat fort. Je vais remplir toutes les promesses que je leur ai faites», a déclaré M. Kiska, 51 ans, au cours d'un point de presse à Bratislava, à l'issue du scrutin.

«J'ai promis d'être président de tous les citoyens; je vais oeuvrer pour unir et motiver les gens, pour que nous puissions être fiers de notre pays, pour que les gens se sentent bien ici», a-t-il ajouté, dans une atmosphère frénétique.

Ancien magnat des crédits de consommation devenu philanthrope, M. Kiska est un centriste sans parti et euro-enthousiaste. Il a séduit les quelque 4 millions d'électeurs slovaques par son image de bienfaiteur resté à l'abri des allégations de corruption ayant éclaboussé ces dernières années la classe politique. Il est le premier président sans passé communiste depuis l'indépendance du pays en 1993.

Près de 60%

M. Kiska a obtenu 59,4% des voix, alors que son adversaire en a réuni 40,6%, selon les chiffres communiqués par l'office des statistiques après le dépouillement de 99,85% des circonscriptions.

«Je tiens à féliciter M. Kiska pour son élection à la présidence», a déclaré M. Fico plus tôt dans la soirée. «Je vais maintenant m'offrir quelques jours, pour faire une analyse de la situation», a-t-il ajouté.

Selon la presse de Bratislava, cette présidentielle faisait figure de référendum sur le gouvernement de M. Fico, chef du gouvernement de 2006 à 2010 et depuis 2012, dans ce pays membre de l'UE et de la zone euro. Son élection à la magistrature suprême aurait donné au Smer-SD un contrôle total de la présidence, du Parlement (83 sièges sur 150 depuis 2012) et du gouvernement.

«Joker idéal»

Selon l'analyste Dag Danis, le nouveau président est un «homme sans opinions politiques et sans capacité de leadership», mais il est un «joker idéal pour tous ceux qui détestent la politique traditionnelle donc aussi (celle de M.) Fico».

«Pour la première fois, le populiste Fico n'a pas su évaluer une nouvelle tendance et un changement de l'opinion publique qui ne s'oriente plus contre la gauche ou la droite, mais contre la politique en tant que telle», a indiqué M. Danis, dans les colonnes du quotidien pragois «Dnes».

«Même en cas de défaite, Robert Fico continuera à occuper son poste de premier ministre. Le gouvernement et le Parlement continueront leur travail», a indiqué le chef du Parlement, Pavol Paska, à l'antenne de la télévision TA3.

«Robert Fico ne démissionnera pas et tentera de conserver le poste de premier ministre jusqu'à la fin de son mandat en 2016, en dépit d'une autorité ébranlée», a estimé l'analyste Grigorij Meseznikov. «Les politiciens autoritaires comme lui ne démissionnent jamais volontairement», a-t-il souligné.

Favorable à la démocratie

Selon M. Meseznikov, le nouveau chef de l'Etat est «certes moins expérimenté que M. Fico, mais il est un homme politique favorable à la démocratie, à l'économie de marché et à une orientation pro-occidentale de la politique étrangère».

«Il n'y a pas de risques immédiats. Le seul risque, c'est que le premier ministre Fico, une fois vaincu, cherche un conflit avec lui», estime M. Meseznikov.

Le nouveau chef de l'État, aux fonctions essentiellement honorifiques, prêtera serment le 15 juin, à l'expiration du second mandat de l'actuel président de gauche, Ivan Gasparovic. (ats)

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