Etats-Unis: Un missile hypersonique testé à Hawaï
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Etats-UnisUn missile hypersonique testé à Hawaï

Face à la concurrence de Moscou et Pékin, Washington vient de tester avec succès un prototype de missile hypersonique.

Photo datant de décembre 2018.

Photo datant de décembre 2018.

L'armée américaine a annoncé vendredi avoir testé avec succès un prototype de missile hypersonique, qu'elle espère pouvoir déployer dans les cinq ans pour concurrencer des armes similaires développées par la Russie et la Chine.

«Le ministère de la Défense a testé avec succès un véhicule hypersonique au cours d'un vol d'essai mené depuis le Centre d'essais de Kauai, à Hawaï, le 19 mars vers 22h30 locales (9h30 en Suisse)», a indiqué le Pentagone dans un communiqué. Le prototype a volé à une vitesse hypersonique --plus de cinq fois la vitesse du son -- et a atteint la cible désignée, a précisé le Pentagone.

«Aujourd'hui nous avons validé notre modèle et nous sommes désormais prêts à passer à la phase suivante nous rapprochant d'une capacité de frappe hypersonique sur le terrain», a déclaré le vice-amiral Johnny Wolfe, chargé par l'US Navy de développer ces nouvelles armes.

Un missile intercontinental testé avec succès

Les Etats-Unis ont annoncé mercredi avoir testé avec succès un missile balistique intercontinental (ICBM) Minuteman III équipé d'un nouveau dispositif, destiné à moderniser ces missiles sol-air vieillissants.

Le missile testé jeudi est en fait un planeur qui, lorsqu'il sera déployé, sera composé d'une tête conventionnelle, d'un système de guidage, et d'un bouclier de protection thermique, a précisé le Pentagone. Il pourra être largué par des avions ou des lanceurs terrestres ou maritimes, qui restent à développer.

L'«arme absolue» de Poutine est prête

La Russie a annoncé vendredi la mise en service de ses premiers missiles hypersoniques Avangard. Il s'agit de l'une des nouvelles armes développées par Moscou et vantées par le président Vladimir Poutine comme «pratiquement invincibles».

Une enveloppe de 3,2 milliards de dollars pour le développement de missiles hypersoniques figure dans le budget 2021 du Pentagone, qui doit encore être approuvé par le Congrès. L'US Navy espère pouvoir déployer des lanceurs sur ses navires en 2023 et sur des sous-marins en 2024, tandis que l'US Air Force espère pouvoir lancer des planeurs hypersoniques dès 2022.

«Invincibles»

Les missiles hypersoniques peuvent se déplacer plus rapidement que les missiles balistiques à capacité nucléaire actuels et que les missiles de croisière. Ils peuvent atteindre des altitudes différentes et être très manoeuvrables ce qui les rend difficiles à contrer pour les systèmes de défense antimissiles actuels.

L'armée russe a annoncé en décembre la mise en service de ses premiers missiles hypersoniques Avangard, l'une des nouvelles armes vantées par le président Vladimir Poutine comme «invincibles» et «indétectables». L'Avangard file selon Moscou à une vitesse de Mach 20 et est capable d'atteindre Mach 27, soit 27 fois la vitesse du son et plus de 33'000 kilomètres par heure.

La Chine investit elle aussi dans ces nouveaux missiles. En octobre dernier, une des «stars» du défilé militaire de la fête nationale chinoise avait été le missile DF-17, qui peut, une fois l'altitude voulue atteinte, relâcher un «planeur hypersonique», un véhicule en forme de nez d'avion de chasse, taillée en flèche, capable d'évoluer à environ 7000 km/h.

En janvier, le «Bulletin of Atomic Scientists» avait avancé de 20 secondes son «Horloge de l'apocalypse», imaginée en 1947 pour symboliser l'imminence d'un cataclysme planétaire, à minuit moins 100 secondes, citant notamment la menace croissante posée par les missiles hypersoniques.

«Il y a des investissements croissants dans les armes hypersoniques qui vont sévèrement limiter le temps de réponse des pays ciblés et créer un niveau dangereux d'ambiguïté et d'incertitude», notaient les scientifiques de ce centre de recherche américain. «Cette incertitude pourrait conduire à une escalade rapide des conflits militaires», ajoutaient-ils. «Au minimum, ces armes sont fortement déstabilisatrices et présagent une nouvelle course aux armements». (nxp/afp)

(NewsXpress)

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