Corée du Nord: Un missile pointé sur l'île américaine de Guam

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Corée du NordUn missile pointé sur l'île américaine de Guam

La Corée du Nord a installé un missile de moyenne portée sur sa côte est, a annoncé jeudi le ministre sud-coréen de la Défense, Kim Kwan-Jin, sans affirmer si cet engin était ou non armé.

S'exprimant devant la commission de la Défense du Parlement à Séoul, Kim Kwan-Jin a ajouté que le missile était susceptible de parcourir «une distance considérable», mais pas au point d'atteindre la partie continentale du territoire des Etats-Unis. «Il pourrait être destiné à un tir d'essai ou à des manoeuvres militaires», a poursuivi le ministre.

Il s'agit d'un missile Musudan, pour la première fois apparu publiquement à l'occasion d'un défilé militaire en octobre 2010 et qui aurait une portée théorique de 3000 kilomètres, soit la capacité d'atteindre la Corée du Sud ou le Japon, voire l'île américaine de Guam dans le Pacifique.

Selon la presse sud-coréenne et japonaise, le Nord semble avoir positionné sur ses côtes orientales toute une batterie de Musudan. Des sources militaires citées par l'agence sud-coréenne de presse Yonhap disent que le Nord pourrait tirer un missile le 15 avril, date-anniversaire de la naissance du fondateur du régime communiste nord-coréen, Kim Il-Sung, mort en 1994.

Pyongyang rêve de voir brûler New York

Une explosion qui se rapproche

Pyongyang avait auparavant entériné le principe d'une potentielle attaque nucléaire contre les Etats-Unis. Le régime considère en effet que l'actuelle démonstration de force de l'armée américaine autour de la péninsule coréenne dans le cadre de manoeuvres militaires conjointes avec la Corée du Sud constitue le prélude d'une éventuelle attaque nucléaire contre la Corée du Nord.

«L'opération impitoyable de ses forces révolutionnaires armées à ce sujet a été finalement étudiée et ratifiée», a déclaré un porte-parole de l'état-major de l'armée nord-coréenne dans un communiqué diffusé par le service en anglais de l'agence de presse officielle KCNA.

«Le moment de l'explosion approche rapidement. Personne ne peut dire si une guerre va éclater ou non en Corée, ni si elle va éclater aujourd'hui ou demain», a ajouté KCNA.

Danger «clair et réel»

En réaction, Washington a décidé de déployer un système de défense antimissile sur l'île de Guam, dans le Pacifique, face à un risque jugé «clair et réel». Ce système THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) comprend un lanceur de missiles mobile, des missiles intercepteurs, un radar et un système de mise à feu intégré.

«Les services de renseignements sud-coréen et américain ont recueilli des indications selon lesquelles le Nord a déplacé vers sa côte orientale un appareil qui semble être un missile de moyenne portée», a ajouté cette même source, citée par l'agence de presse sud-coréenne.

Mercredi, la Corée du Nord a fermé l'accès à la zone industrielle de Kaesong exploitée conjointement avec la Corée du Sud à la frontière entre les deux pays, toujours techniquement en guerre depuis le cessez-le-feu conclu à l'issue du conflit de 1950-53. Ell a aussi annoncé le redémarrage du réacteur nucléaire de Yongbyon, en sommeil depuis 2007.

Pourparlers bloqués

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé la Corée du Nord à «réduire les tensions» face à une situation «alarmante». Et d'avertir que toute «erreur de jugement» dans cette crise pourrait avoir «des conséquences très graves»: «la menace nucléaire n'est pas un jeu!»

De son côté, la Russie a estimé que le non-respect par la Corée du Nord des résolutions de l'ONU était «inacceptable» et que les initiatives de Pyongyang dans le nucléaire «bloquaient» de facto la reprise des pourparlers à six. (ats/afp)

La Corée du Nord menace à nouveau de fermer Kaesong

La Corée du Nord a renouvelé jeudi sa menace de fermer la zone industrielle de Kaesong si Séoul continue à évoquer une possible intervention militaire. Des usines de 123 sociétés sud-coréennes sont installées dans ce complexe intercoréen. «Les marionnettes conservatrices et leurs médias (...) continuent d'affirmer que nous n'oserons rien faire au sujet de la zone industrielle de Kaesong (...) parce que c'est 'une source de cash'», affirme le Comité pour la Réunification pacifique de la mère patrie, une instance de la Corée du Nord, cité par l'agence de presse officielle KCNA. «Si les marionnettes conservatrices du Sud et leurs médias continuent leur campagne de dénigrement (...) nous prendrons la mesure stricte de retirer l'ensemble de nos travailleurs de la zone industrielle de Kaesong», ajoute ce comité. Plus de 50'000 Nord-Coréens travaillent sur ce site et leur départ entraînerait de fait la fermeture des usines. De son côté, Séoul a démenti jeudi que la Corée du Nord ait ordonné aux entreprises sud-coréennes implantées dans le complexe de Kaesong de se retirer d'ici le 10 avril. Contrairement à une annonce faite préalablement par l'agence de presse sud-coréenne Yonhap, Pyongyang a simplement demandé à ces sociétés de fournir une liste de leurs employés envisageant de partir avant cette date. «La requête adressée par le Nord à plusieurs entreprises pour obtenir un calendrier des personnes retournant dans le Sud d'ici le 10 avril a été déformée pour dire que le Nord avait demandé une évacuation complète», a dit le ministère sud-coréen de l'Unification.

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