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Flirt ou harcèlement?Un mode d'emploi anti-dérapages pour les élus

Les parlementaires fédéraux victimes de mobbing pourront s'adresser dès le 1er janvier à une structure indépendante spécialisée. Ils ont aussi reçu une fiche explicative.

par
rmf/ats
Les députés pourront s'adresser à un organe indépendant.

Les députés pourront s'adresser à un organe indépendant.

Keystone

La question du harcèlement sexuel s'invite au Parlement. Après l'«affaire Yannick Buttet», deux conseillères nationales, Lisa Mazzone (Verts/GE) et Kathrin Bertschy (Verts'lib/BE) ont demandé la création d'un bureau spécialisé auquel les parlementaires victimes de harcèlement pourraient s'adresser.

C'est désormais chose faite: la Structure spécialisée contre le mobbing et le harcèlement (Fachtselle für Mobbing und Belästigung) a été chargée de ce mandat pour un an, à partir du 1er janvier. Le bureau propose des conseils en français et en allemand et, sur demande, en italien. L'entretien a lieu dans ses locaux à Berne et Zurich, ou par téléphone. Les coûts, soit 3600 fr. par an, seront pris en charge par le Parlement, et l'anonymat sera garanti.

«C'est bien que ça débouche sur du concret, réagit la conseillère nationale Lisa Mazzone (Verts/GE), une des initiatrices de la demande. C'est un premier pas, j'espère qu'on poursuivra la sensibilisation.»

Comprendre la différence entre flirt et harcèlement

Les élus ont par ailleurs reçu avec surprise une notice précisant, à toutes fins utiles, la différence entre flirt et harcèlement. La fiche précise que le premier est réciproque, renforce l'estime de soi, est source de joie, souhaité par les deux personnes et respecte les limites personnelles. Le harcèlement sexuel est tout le contraire, lit-on. «Ce n'est pas l'intention de la personne qui harcèle qui est déterminante, mais la façon dont son comportement est vécu par la personne concernée», poursuit le texte.

«Ça a fait rire de nombreux élus, mais ceux qui rient sont plutôt ceux pour qui c'est déjà évident, analyse Lisa Mazzone. Mais il était apparemment nécessaire de poser ça noir sur blanc, ce qui en dit long sur la société actuelle, dont nous sommes le reflet... Ça permet de faire discuter et de questionner les comportements. Si rien n'avait été fait, ça aurait été grave.»

Rôle important des chefs de groupe

La décision a été prise par la Délégation administrative de l'Assemblée fédérale (DA) lors d'une séance avec les présidents des groupes parlementaires. La DA «condamne énergiquement le harcèlement sexuel sous toutes ses formes et appelle à une lutte résolue contre ce phénomène», ont indiqué mercredi les Services du Parlement.

La DA décidera sur la base des expériences recueillies en 2018 s'il y a lieu de le reconduire. Les parlementaires ayant des demandes liées au harcèlement sexuel peuvent aussi s'adresser à leurs présidents de groupe, estime la DA. Ceux-ci ont un rôle important à jouer afin d'assurer une culture dans laquelle le harcèlement n'a pas sa place.

Affaire Buttet

La Délégation administrative de l'Assemblée fédérale est composée des présidents et des deux vice-présidents du Conseil national et du Conseil des Etats.

Sa décision fait suite à l'affaire Yannick Buttet. L'élu démocrate-chrétien valaisan fait l'objet d'une plainte après avoir été interpellé une nuit de novembre par la police valaisanne dans le jardin d'une ex-maîtresse. Les médias se sont faits l'écho «d'autres actes inappropriés» dont ont fait part plusieurs journalistes et politiciennes actives dans la Berne fédérale.

Yannick Buttet a démissionné de la vice-présidence du PDC et s'est retiré temporairement de ses fonctions de conseiller national pour suivre un traitement médical lui permettant de maîtriser sa consommation d'alcool. Il a également suspendu ses fonctions de président de la commune de Collombey-Muraz (VS). (rmf/ats/ats)

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