26.08.2020 à 12:58

ItalieUn modèle de l’EPFL pour garder la pandémie sous contrôle

En modélisant l’évolution future de la pandémie de coronavirus en Italie, des chercheurs pensent pouvoir maintenir la courbe épidémique sur une trajectoire décroissante.

© E. Bertuzzo et al., Nature Communications, 2020

Des chercheurs de l’EPFL, avec des confrères italiens, ont modélisé l’évolution de la pandémie de coronavirus en Italie. Leur modèle permet notamment de calculer le nombre d’individus infectés et hautement infectieux ainsi que l’effort d’isolement nécessaire pour maintenir la courbe épidémique sous contrôle.

En avril, l’équipe du professeur Andrea Rinaldo, responsable du Laboratoire d’écohydrologie de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), a publié dans la revue PNAS une modélisation du développement de la pandémie de Covid-19 en Italie.

Depuis, ce modèle a été appliqué pour étudier les différents scénarios d’évolution selon les mesures prises. Les résultats des chercheurs provenant de l’École polytechnique de Milan, de l’Université de Ca› Foscari de Venise, de l’Université de Padoue et de l‘EPFL ont été publiés mercredi dans la revue Nature Communications.

Cette modélisation mathématique se base notamment sur le nombre de personnes hospitalisées et le nombre de décès signalés pour cause du coronavirus, leur répartition géographique parmi les 107 provinces italiennes – le niveau de détail le plus précis disponible-, ainsi que sur un facteur de mobilité donné par la géolocalisation de téléphones portables.

«Depuis la création du modèle, nous avons continuellement mis à jour les calibrations, prenant par exemple en compte les effets du relâchement du confinement du 4 mai dernier», déclare Andrea Rinaldo, cité dans un communiqué de l’EPFL.

«Nous nous sommes également assurés que les valeurs de l’évolution de la pandémie précédemment estimées par le modèle équivalaient bien à la réalité», ajoute le spécialiste.

Andrea Rinaldo.

Andrea Rinaldo.

© 2020 EPFL

Isoler un petit nombre de personnes

La connaissance du nombre total de personnes infectées par le coronavirus est pour l’instant limitée par le nombre de tests effectués. Mais grâce au modèle, il est possible d’estimer cette valeur-clé.

Avec ce chiffre, le modèle peut ensuite déduire l’effort requis quotidiennement pour maintenir la pandémie sous contrôle. Il s’avère que l’isolement d’un petit pourcentage de personnes serait suffisant.

En effet, avec la levée du confinement, le taux de transmission va très certainement augmenter. Or si l’accroissement du taux de transmission atteint les 40%, cela entraînerait un rebond des infections dans la plupart des régions italiennes.

Pour rester sous ce seuil de 40%, les scientifiques ont calculé que l’isolement de 5,5% des individus infectés et hautement infectieux s’avérerait nécessaire – qu’ils soient symptomatiques ou non. Une telle mesure permettrait de maintenir la courbe épidémique sur une trajectoire décroissante.

Les chercheurs rappellent que l’isolement est plus efficace s’il est ciblé sur les individus en incubation. C’est ce que suggèrent les constats de pic d’excrétion virale avant l’apparition des symptômes.

Maintien de la vigilance

L’impact du relâchement des mesures de confinement a également été étudié. Selon le modèle, si le confinement avait duré un mois de plus, le nombre de personnes infectées aurait été réduit d’environ deux tiers.

En Italie, les cas de COVID-19 sont actuellement à la hausse. L’état d’urgence a été prolongé jusqu’au 15 octobre et le port du masque est obligatoire dans tous les lieux fermés comme les transports publics et les magasins.

«Le rebond du nombre d’infections confirmées et l’âge moyen des victimes beaucoup plus bas nous inquiètent beaucoup», confie Andrea Rinaldo.

«À l’approche de la saison froide, les activités en intérieur rendront les infections transmises par l’air beaucoup plus agressives, à moins qu’une protection personnelle rigoureuse ne soit mise en place. Selon moi, le masque devrait rester obligatoire jusqu’à ce qu’un vaccin soit largement disponible», conclut le chercheur.

(ATS)

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115 commentaires
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Ben 55

27.08.2020 à 15:59

Après modestes réflexions, je commence à penser que tout ce foin préventif, compréhensible, ne servira pas, à toutes echelles( monde, Europe et Suisse) à endiguer le virus chinois. Prenons-en le parti et laissons filer le virus. On ne peut s’arreter de vivre pour faire mourir le virus! Attendons le vaccin... s’ il arrive un jour!

Mes impôts à théories

27.08.2020 à 06:28

A part l’EPFL il existe autre chose ? Paraître à toutes les sauces fatigue?

Daniel

26.08.2020 à 16:40

Avec des données déjà erronées à leurs bases? Nonnnn mais j'hallucine, quelle pépite. Si ça continue, on va finir par nous dire que le Christ va redescendre sur terre pour délivrer un vaccin.