Un moine birman témoigne de conditions carcérales abominables

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Un moine birman témoigne de conditions carcérales abominables

Plusieurs centaines de moines bouddhistes arrêtés par la junte au pouvoir au Burma ont été passés à tabac, a déclaré jeudi l'un d'eux, qui a recouvré la liberté.

Ils ont été détenus sans toilettes ni eau potable pendant les jours où ils étaient interrogés.

«Au commencement, ça se passait très, très mal», a dit à Reuters un de ces bonzes, récemment relâché, qui a requis l'anonymat par peur des répercussions visant ceux qui parlent contre le régime.

Emprisonnés dans des cages pendant plus d'une semaine dans un ancien complexe de l'Institut technique gouvernemental, dans le nord de Rangoun, ces moines - figures d'ordinaire très respectées dans ce pays profondément bouddhiste - ont été privés de leurs tuniques safran et traités comme des prisonniers de droit commun.

«Tu n'es plus un moine»

«Lorsque l'un d'entre nous s'adressait à un autre en utilisant un pronom laissant entendre qu'il était moine, il était giflé», a-t- il dit. «Celui qui menait l'interrogatoire disait alors : 'Tu n'es plus un moine. Tu es un homme ordinaire avec le crâne rasé'».

Les moines - pour la plupart des jeunes gens, en qui l'armée voit la plus grande menace contre le régime en place, du fait de leur autorité morale - ont été entassés dans des chambrées bondées, au point qu'ils ne pouvaient pas s'allonger, et cela par une chaleur rendue étouffante par la mousson.

Pendant plusieurs jours, ils n'ont pas eu accès aux toilettes, n'ont pas pu se laver les mains et ont dû manger avec les doigts un riz à peine cuit.

Pas de soins médicaux

Par moments, durant les interminables interrogatoires destinés à identifier les meneurs des manifestations, les moines devaient se tenir accroupis et les mains sur la tête. Les militaires, eux, restaient assis sur leurs chaises.

Ceux qui répondaient faux ou mal étaient frappés à la tête. Aucun soin médical n'était prodigué pour ceux qui venaient à être blessés durant les interrogatoires musclés ou lors des descentes nocturnes dans les monastères de Rangoun, durant la dernière semaine de septembre.

Le témoignage de ce bonze recoupe d'autres comptes rendus de mauvais traitements faits par des détenus, dont la mort en détention d'un opposant près de la grande ville de Mandalay. Selon une organisation de défense des droits de l'homme, un homme de 42 ans est mort «des conséquences de tortures subies pendant un interrogatoire». (ats)

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