Actualisé 02.03.2020 à 05:32

Incendie de la Cave valaisanne (GE)

Un mois sans eau ni chauffage: voisins à bout

Suite à l'incendie du restaurant, les voisins ont passé un mois dans un grand inconfort. Une quinzaine d'entre eux vont consigner leurs loyers.

de
Lucie Fehlbaum

«J'ai de la chance, j'ai de la famille à Genève qui m'a hébergé. D'autres ont dû aller jusqu'à Zurich, et certaines familles avec de jeunes enfants sont restées.» Ce locataire du 23, boulevard Georges-Favon, où se situe la Cave valaisanne, incendiée le 30 janvier dernier, a passé un mois de février compliqué. «Nous n'avons pas eu d'eau chaude ni de chauffage pendant presque un mois. Cela a été rétabli jeudi», soit le 26 février.

Le passage des pompiers a également laissé quelques traces. «Nous n'avons pas tous des serrures, certains tirent leur porte mais ne peuvent pas la verrouiller. Et avec les travaux du restaurant, la porte d'entrée est ouverte tout le temps.» Les trous dans les parquets des appartements du premier, là où les sapeurs ont cassé pour faire fuir les braises, «sont en train d'être rebouchés, mais concrètement il y en a encore». Par ailleurs, une forte odeur de fumée stagne toujours dans l'immeuble, en plus d'une «odeur d'égout» dans le logement de cet habitant.

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Le feu a pris dans le restaurant. Les pompiers ont cassé les plafonds pour éviter que des braises coincées ne fassent repartir un incendie.

Le feu a pris dans le restaurant. Les pompiers ont cassé les plafonds pour éviter que des braises coincées ne fassent repartir un incendie.

SIS
Treize évacuations se sont faites à la grande échelle.

Treize évacuations se sont faites à la grande échelle.

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Le feu a démarré à l'arrière du restaurant, côté théâtre du Grütli.

Le feu a démarré à l'arrière du restaurant, côté théâtre du Grütli.

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Les douches du Grütli

Si les voisins semblent emphatiques après le sinistre qui a frappé le restaurant, dont les propriétaires possèdent aussi l'immeuble, certains trouvent le temps long. «Les locataires sont indignés. Ma petite maman en a marre de vivre dans le froid», a notamment écrit la fille d'une habitante sur Facebook. Un voisin rapporte être peiné par la situation d'une petite fille asthmatique dans l'immeuble. «Il fait froid, ça sent très fort le brûlé et la semaine passée c'était son anniversaire. Il n'y avait personne.» Les habitants déplorent le manque de communication de la propriétaire. «Nous sommes peinés par ce qui se passe mais finalement, elle ne s'inquiète pas autant pour nous. Elle est injoignable, nous n'avons aucune nouvelle de l'enquête. Nos seules informations sont des feuilles placardées dans les escaliers nous indiquant les douches du théâtre du Grütli. »

Conseil d'Etat interpellé

Une quinzaine de voisins ont donc décidé de consigner leurs loyers, suite à une séance d'information menée par l'Association suisse des locataires (Asloca). «Une mise en demeure a été faite pour que le bailleur remédie aux problèmes et accorde aux locataires une baisse de loyer pour les nuisances, explique Me Christian Dandrès, avocat à l'Asloca. Si le bailleur ne réagit pas, les locataires pourront consigner leurs loyers.»

Le président de l'Asloca, le député socialiste Alberto Velasco, a par ailleurs déposé une question écrite urgente au Grand conseil jeudi. Elle demande notamment que l'Etat soutienne les habitants sans solutions de relogement. «Pendant le temps de l'enquête en cours qui doit établir la responsabilité du sinistre, le propriétaire n'est pas tenu de reloger ses locataires», écrit Alberto Velasco.

«Les locataires ne seront pas lésés»

Contactée, la propriétaire, Julia Dumoulin, assure que «tous les problèmes sont réglés ou en train d'être réglés selon un programme et des priorités bien établies par des professionnels compétents. Les locataires ne seront aucunement lésés.»

L'Asloca pour des solutions d'appoint

«Le bailleur doit entretenir le logement et supprimer les défauts qui nuisent à son utilisation, sinon, il peut être mis en demeure, explique Christian Dandrès, avocat à l'Asloca. Il doit agir le plus vite possible. Ici, il aurait par exemple pu mettre en place une chaudière d'appoint. Il est inacceptable que des locataires, dont certains sont âgés, doivent passer plusieurs semaines sans chauffage ni eau chaude en hiver.»

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