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CyclismeUn Mondial et un temps «à l'anglaise»

Les championnats du monde d'Harrogate sont typiquement «British». Pour l'amour du vélo comme la météo.

par
Robin Carrel
Leeds
Les organisateurs ont du boulot.

Les organisateurs ont du boulot.

Keystone

Si on devait vous résumer les prévisions météorologiques des prochains jours dans le Yorkshire, disons de mercredi à dimanche, ce serait assez simple et résumé en un mot: pluie. On pourrait compléter le tableau avec un autre: vent. Normal, me direz-vous, pour le Nord de l'Angleterre au mois de septembre

Ce qui est moins habituel, c'est d'y faire courir des championnats du monde - ils n'étaient plus venus en Angleterre depuis près de 40 ans -, le tout sur un parcours compliqué. Car on a pu le voir dimanche avec le chrono par équipes mixtes, le circuit final est tortueux. Lundi, sous le soleil, ça passait pour les juniors. Heureusement, les professionnels, eux, ne devront pas y aller d'un improbable gymkhana lors du contre-la-montre de mercredi.

Un chrono? Non un bain!

Les coureurs du contre-la-montre des espoirs des Mondiaux en Angleterre ont dû faire face à des conditions météorologiques exécrables. Certains ont fini sous l'eau!

Stefan Küng et les «Kings» de l'effort chronométré partiront de Northallerton et prendront plein Sud pour rejoindre Harrogate. Un contre-la-montre d'une longueur rare (54km) et qui pourrait bien tourner à la loterie, si les conditions varient trop du début à la fin de l'après-midi. La météo annonce un vent en rafales venu de trois quarts face et tourbillonnant, de rares éclaircies, ainsi que quelques ondées. De quoi jouer un rôle important sur le résultat final.

Pour les autres jours de course, ce sera sans doute encore pire. Notamment pour la course en ligne des femmes prévue samedi. C'est un peu moins grave pour une course en peloton, car l'équité y est par principe respectée. Mais les différents coureurs ont tous leurs petites préférences. Certains sont plus agiles sur le mouillé, d'autres supportent mieux le froid Ce qui est sûr, c'est que les vainqueurs des différentes catégories seront de toute façon de sacrés costauds.

Qu'il pleuve ou qu'il vente, par contre, ce n'est pas tellement le problème des spectateurs, habitués de la chose. Dimanche dernier déjà, pour le premier contre-la-montre par équipes mixtes de l'histoire, les bords de route étaient noirs de monde, malgré les conditions difficiles. Sur l'ensemble de la compétition, les organisateurs attendent «des millions» de personnes. Rien que dimanche, les chiffres s'annoncent hallucinants et les cadences des trains locaux ont été doublées.

Il y a cinq ans, quand le Tour de France était passé dans le coin, 3,5 millions de fans de la petite reine avaient fait le déplacement sur les trois jours (300'000 rien qu'en ville d'Harrogate, 70'000 habitants). Un engouement incroyable. Du coup, après ce Mondial qui s'annonce déjà être une réussite, la Grande Boucle devrait revenir pour un départ (2024?) et le Tour d'Espagne est espéré lui aussi.

En 2014, par exemple, l'événement avait généré la bagatelle de 128 millions de Livres Sterling (environ 160 millions de francs) de retombées économiques Si on ne connait pas encore les vainqueurs de prochains maillots arc-en-ciel, les organisateurs, eux, auront de toute façon le sourire.

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