Egypte: Un mort dans les violences devant la présidence
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EgypteUn mort dans les violences devant la présidence

Un homme a été tué par balle vendredi devant le palais présidentiel au Caire, au cours de heurts survenus entre des opposants à la politique de Mohamed Morsi et la police.

«C'est vérifié. Je suis à la morgue. Il a été tué de deux balles, c'est le rapport fait par l'hôpital. Les balles ont atteint le cou et le côté droit de la poitrine», a dit l'un des témoins, un avocat, Me Ragia Omran. Cette information a été confirmée de sources médicales et de sources proches des services de sécurité.

Mohammed Hussein Qarni, 23 ans, a succombé à une blessure infligée par un tir devant le palais présidentiel, a précisé M. Ansari, vice-président des autorités sanitaires, ajoutant que 53 personnes avaient été blessées dans les affrontements qui ont opposé vendredi la police aux manifestants dans plusieurs villes du pays.

Canons à eau contre cocktails Molotov

Les forces de l'ordre ont fait usage de canons à eau et tiré en l'air pour disperser des manifestants qui leur lançaient des cocktails Molotov et des pierres aux abords du palais présidentiel.

«Les forces de sécurité vont agir avec la plus grande fermeté pour appliquer la loi et protéger les bâtiments publics», avait prévenu la présidence dans un communiqué publié dans la journée sur sa page Facebook. La police a annoncé avoir arrêté vingt personnes. Des séquences vidéo ont été diffusées à la télévision montrant la police traînant un homme nu dans un véhicule blindé.

Les milliers de protestataires manifestant au Caire et dans d'autres villes du pays répondaient à l'appel notamment du Front du salut national (FSN), la principale coalition de l'opposition pour dénoncer la politique du président islamiste Mohamed Morsi. «Les forces politiques qui auraient incité (à ces actes) en assumeront l'entière responsabilité», a averti la présidence dans son communiqué, invitant toutes les formations nationales à «dénoncer immédiatement ces actes et à appeler leurs partisans à se retirer d'urgence des alentours du palais».

Appel à la fin de la «monopolisation» du pouvoir

Le FSN réclame la fin de la «monopolisation» du pouvoir par les Frères musulmans dont est issu M. Morsi, avec la mise en place d'un gouvernement de salut national, une révision de la Constitution ou encore le départ du procureur général nommé par le chef de l'Etat. Les heurts ont éclaté au Caire malgré l'annonce jeudi d'un engagement de l'ensemble de la classe politique à empêcher la violence, après des affrontements qui ont fait 56 morts au moins en une semaine dans le pays.

Ces affrontements qui avaient débuté le 24 janvier au soir, à la veille du deuxième anniversaire du début du soulèvement populaire qui a renversé Hosni Moubarak, avaient été particulièrement meurtriers dans la région du canal de Suez. (ats/afp)

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