Libre circulation : Un «non» serait néfaste pour la Suisse
Actualisé

Libre circulation Un «non» serait néfaste pour la Suisse

La libre circulation des personnes est centrale pour l'économie helvétique, estime le président de la Commission européenne José Manuel Barroso.

La libre circulation est une de nos libertés fondamentales, selon José Manuel Barroso.

La libre circulation est une de nos libertés fondamentales, selon José Manuel Barroso.

Sans libre circulation des personnes, la Suisse n'aurait pas un accès privilégié au marché intérieur européen, selon le président de la Commission européenne.

«Je tiens à souligner l'importance fondamentale de la libre circulation de l'Union européenne (UE) comme une de nos libertés fondamentales, en plus de la libre circulation des biens, des services et des capitaux», a déclaré le ministre dans une interview publiée dimanche dans l'hebdomadaire alémanique «NZZ am Sonntag».

La Suisse jouit d'avantages dont aucun autre Etat tiers n'a jamais bénéficié et les Etats membres de l'UE n'accepteraient jamais que la libre circulation des personnes soit séparée des autres libertés fondamentales, a-t-il insisté.

Le marché commun de l'UE représente 500 millions de consommateurs, a-t-il en outre rappelé. D'un point de vue économique, l'accès à ce marché est central pour la Suisse et un «non» à la libre circulation des personnes serait «un accident».

Bilan très positif

Un avis que partage également le chef de la diplomatie roumaine Titus Corlatean. «La libre circulation a largement contribué à la croissance économique de l'ensemble de l'Europe. Le bilan des accords passés entre la Suisse et l'UE est très positif également pour la Suisse», a-t-il estimé dans un entretien publié samedi dans «Le Temps».

Selon le ministre des affaires étrangères, lorsqu'un pays approuve un accord, celui-ci ne doit pas seulement accepter les avantages, mais également les risques.

«On retrouve ainsi dans les entreprises suisses des chercheurs de haut niveau dans l'industrie pharmaceutique, des managers bien formés, des spécialistes des nouvelles technologies, des médecins, du personnel soignant» en provenance de Roumanie, a-t-il noté. Une contribution «souvent passée sous silence».

Libre circulation menacée

Les Suisses devront se prononcer en février sur l'initiative de l'UDC contre l'immigration de masse. Ce texte demande que des plafonds annuels à l'immigration, ainsi que des contingents pour les autorisations de séjour soient réintroduits en Suisse. Il menace directement la libre circulation.

Le peuple devrait aussi être amené à voter sur l'initiative dite «Ecopop», qui veut limiter la croissance de la population due à l'immigration à 0,2% par an.

L'immigration est un facteur de réussite, selon le SECO

Boris Zürcher, le chef de la Direction du travail au SECO, défend la libre circulation des personnes.

Les prévisions d'immigration sont probablement trop basses, admet-il dans un entretien au journal «Schweiz am Sonntag». Parler d'une «immigration gigantesque» est toutefois exagéré, selon lui.

La Suisse a déjà eu dans les années 60 une immigration plus élevée avec une population plus petite, rappelle-t-il. Face au faible accroissement naturel, soit le rapport entre les taux de natalité et de mortalité, l'immigration est actuellement souhaitable sur le plan démographique.

La Suisse a toujours connu une mauvaise conjoncture économique lors de périodes presque sans immigration, comme dans les années 90, relève Boris Zürcher. Aujourd'hui le pays va mieux qu'il y a dix ans. «Nous avons vécu un développement sensationnel», souligne-t-il.

La création de richesses a augmenté durant les dix dernières années de 1% par an et par habitant. Si on ajoute les gains de pouvoir d'achat, la croissance a été encore plus impressionnante, explique-t-il.

Pas de mesures supplémentaires

Depuis 2002, la masse salariale a augmenté de 88 milliards à plus de 360 milliards de francs. En moyenne, ça représente une hausse de plus de 1000 francs par travailleur, selon Boris Zürcher.

La place n'est pas un problème, ajoute-t-il. «Il y a autant de personnes qui vivent à New York qu'en Suisse sur une superficie qui fait moins du quart de la nôtre.» C'est toutefois un devoir politique de donner confiance en l'avenir quand il s'agit d'immigration, estime Boris Zürcher.

Le chef de la Direction du travail au Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) ne voit pas de nécessité de prendre des mesures d'accompagnement supplémentaires à l'extension de la libre circulation comme l'exige le Parti socialiste. Il faut davantage améliorer les mesures actuelles et leurs mises en oeuvre, selon lui. (ats)

Ton opinion