Actualisé 20.05.2014 à 09:46

Salaire minimumUn «non» un brin relativisé par les journaux

Un salaire minimum à 4000 francs par mois ne reflétait pas une réponse adaptée au paysage économique suisse, relève la presse romande au lendemain du «non» massif à l'initiative.

«Même les principaux concernés, ceux qui gagnent moins de 4000 francs, ne voulaient pas de ce salaire minimum», écrit «Le Nouvelliste», renvoyant aux derniers sondages. Les citoyens sont conscients que dans le tissu des PME en Suisse, «celui qui verse le salaire est souvent un petit patron» et pas «un multimillionnaire», qui en outre «prend des risques et crée des emplois».

«La Tribune de Genève» rappelle également que la gauche et les syndicats «n'ont pas convaincu leurs troupes», en particulier les personnes aux revenus les plus modestes.

La déferlante du «non» ne doit pourtant pas être «surinterprétée», poursuit le journal. L'initiative a déjà fait bouger les lignes dans plusieurs secteurs, amenant par exemple les grands distributeurs Lidl et Aldi à revoir à la hausse leurs salaires. Par ailleurs, elle «a jeté une lumière crue sur des secteurs devenus extrêmement précaires agriculture, petit commerce de montagne, restauration».

«Marge de manoeuvre»

«Les Suisses se savent privilégiés et ils n'ont pas envie de jouer avec le feu», analysent pour leur part «L'Express» et «L'Impartial». Le socle salarial proposé, le plus élevé au monde, «apparaissait comme une provocation dans un contexte de crise économique globale», poursuivent-ils.

Pendant la campagne, toute une série d'entreprises ont cependant annoncé un relèvement de leurs barèmes salariaux, y compris dans le commerce de détail, rappellent les quotidiens neuchâtelois. Cela montre qu'il existe «une marge de manœuvre» pour améliorer ou conclure de nouvelles conventions collectives.

De son côté, «L'Agefi» doute que l'Union syndicale suisse (USS) a vraiment voulu voir le texte approuvé par l'opinion publique. Si c'était le cas, «les initiants se seraient au moins gardés de formuler un plancher horaire de 22 francs, soit 4000 francs par mois» et «contentés du principe d'un minimum légal». Gouvernement et Parlement se seraient alors chargés d'établir périodiquement son niveau. (ats)

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