Coronavirus: «Un nouveau confinement serait désastreux»
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Coronavirus«Un nouveau confinement serait désastreux»

Face à la recrudescence du virus, Israël a imposé un nouveau confinement total. Une même mesure est évoquée en Angleterre. La Suisse peut-elle y échapper?

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Daniel Waldmeier/pac
Malgré le bon fonctionnement des stratégies sanitaires mises en place, un deuxième confinement n’est pas à exclure.

Malgré le bon fonctionnement des stratégies sanitaires mises en place, un deuxième confinement n’est pas à exclure.

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Dimanche dernier, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou avait annoncé un confinement national d’au moins trois semaines. L’État hébreu était alors la première économie développée à réimposer une telle mesure pour juguler une seconde vague de contamination au coronavirus. Les écoles, les centres sportifs, les hôtels, les restaurants et les commerces non essentiels vont rester fermés, au moins jusqu’au 9 octobre. Les gens ont encore le droit d’aller au supermarché ou chez le médecin et à part en cas de situation d’urgence, ils ne sont pas autorisés à s’éloigner à plus d’un kilomètre de leur domicile.

La recrudescence du virus oblige aussi d’autres pays à envisager des mesures draconiennes. Le gouvernement britannique a par exemple récemment instauré de nouvelles restrictions sanitaires et s’est dit prêt à imposer un nouveau confinement national, si cela s’avérait insuffisant. «Nous sommes prêts à faire ce qu’il faudra pour protéger des vies», avait déclaré le ministre de la Santé Matt Hancock.

Cette évolution inquiète les politiciens et les scientifiques suisses. Pour le conseiller national Jörg Mäder, ces mesures de reconfinement montrent que la pandémie peut rapidement échapper au contrôle de l’Etat, qui doit être préparé à tous les scénarios. «Pour le moment, c’est plutôt calme en Suisse, en ce qui concerne les hospitalisations et les décès». Mais on ne sait pas si le taux de mortalité va prendre l’ascenseur, risquant d’engendrer de nouvelles mesures drastiques, comme au début de la crise. «Un deuxième confinement serait cauchemardesque», ajoute le membre des Vert’libéraux.

«Mieux préparés aujourd’hui»

Toutefois, Jörg Mäder estime que grâce aux nouvelles connaissances sur le virus, la Suisse pourra mieux réagir qu’en mars: «Certaines mesures étaient excessives parce qu’on ignorait où se transmettait le virus. Les hôpitaux sont également mieux préparés aujourd’hui». On peut parvenir à contenir la propagation du virus avec des mesures moins strictes que durant le confinement. «Nous ne nous dirigeons pas inévitablement vers un deuxième confinement», estime le Zurichois.

Selon l’épidémiologiste bâlois Marcel Tanner, membre de la Task Force Covid-19 de la Confédération, la stratégie de la Suisse en matière de tests et de traçage est un succès. «On peut parler de deuxième vague lorsqu’il n’est plus possible de déterminer où les transmissions ont eu lieu et qu’on ne peut plus agir de manière ciblée. Les cantons doivent à tout prix empêcher que l’on en arrive là». Si cela se produit, un nouveau confinement n’est pas à exclure en Suisse.

Selon Marcel Tanner, des variantes plus douces et progressives sont envisageables, pas comme ce printemps, où les élus ont été pris de vitesse et ont dû réagir dans l’urgence. Des mesures de confinement limitées à une région seraient envisageables, afin de maîtriser le développement de la pandémie à un niveau local. «Et tous les magasins n’auraient pas nécessairement à fermer. On pourrait, par exemple, limiter les mesures aux personnes faisant partie d’un groupe à risque». Pour l’épidémiologiste, il est clair qu’il faut à tout prix éviter un deuxième confinement sur l’ensemble du pays: «Ce serait économiquement et socialement désastreux».

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