Bonsaï-Benz: Un nouveau départ pour la Smart
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Bonsaï-BenzUn nouveau départ pour la Smart

Avant la délocalisation de Smart en Chine, la nouvelle génération électrique a été encore une fois revisitée.

par
T. Geiger/age
Avec la Smart électrique récemment revisitée, c'en est enfin terminé avec le caquetage du moteur trois cylindres.

Avec la Smart électrique récemment revisitée, c'en est enfin terminé avec le caquetage du moteur trois cylindres.

Seul le chargement est énervant, parce que c'est excessivement long. Même avec le chargeur de 22 kW à 1000 euros, une recharge de 10% à 80% dure 40 minutes.

Seul le chargement est énervant, parce que c'est excessivement long. Même avec le chargeur de 22 kW à 1000 euros, une recharge de 10% à 80% dure 40 minutes.

S'il y a une voiture avec laquelle on trouve toujours une place, c'est bien la Smart.

S'il y a une voiture avec laquelle on trouve toujours une place, c'est bien la Smart.

Il y a vingt ans, la petite Smart a non seulement marqué les esprits, mais également un changement notoire dans le monde de l'automobile. Avec sa volonté de se limiter à l'essentiel, son constructeur a poussé la miniaturisation à son maximum. Même si elle était unique par sa petite taille, la fringante «Bonsaï-Benz», comme elle est parfois surnommée, n'a pourtant jamais vraiment connu un véritable succès. Les Allemands ont toujours dilué le concept à coup de puissants moteurs et de nouveaux modèles, allant jusqu'à créer une version à quatre portes.

Mais, alors que Mercedes-Benz vient de renoncer à la souveraineté exclusive de la petite citadine en lançant son successeur pour 2022 avec Geely en Chine, le constructeur s'est penché, une dernière fois, sur le bon vieux concept. Car, si la nouvelle génération arrive sur le marché ces prochains jours avec la Fortwo à partir de 26'400, la Forfour pour 27'400 francs et le cabriolet pour 30'100 francs, ce n'est pas tant pour mettre en avant les nouveautés. Ce qui est néanmoins intéressant, c'est ce qui n'existera plus à l'avenir, à savoir le moteur thermique.

Fondée par Nicolas Hayek

Alors que les grandes marques et même la maison mère, Mercedes, semblent annoncer la mort du moteur thermique, tout en se laissant encore une dizaine ou une vingtaine d'années de marge, Smart est, jusqu'à présent, la première et unique marque traditionnelle à miser exclusivement sur l'électrique. Et s'il y a une voiture à qui l'électrique va comme un gant, c'est bien la Smart. Nicolas Hayek l'avait compris quand il a fondé la société Micro Compact Car AG avec le constructeur allemand Mercedes-Benz, en 1994. Car, vu le minuscule rayon de braquage, on continue de se sentir comme dans une auto tamponneuse à bord de la Fortwo; et en plus, elle est électrique.

Mais il y a d'autres raisons de se réjouir. Au moins, avec le moteur électrique de la Smart revisitée, fini le caquetage du moteur trois cylindres. Par ailleurs, comme la Smart circule presque exclusivement en agglomération, la faible performance de conduite n'est pas du tout un problème. La vitesse maximale de 130 km/h est amplement suffisante. Et personne ne se plaindra de devoir attendre douze secondes pour atteindre les 100 km/h. Ce qui est important, ce n'est pas tant la puissance maximale de 60 kW que le couple de 160 Nm qui, avec les 1100 kg, a la tâche facile et permet un démarrage aisé. Le passage de 0 à 60 km/h en 4,8 secondes est beaucoup plus facile à entendre et surtout à sentir que de monter à 100 km/h en douze secondes.

Même avec une autonomie modeste, on peut parfaitement vivre avec ces conditions. Car, si l'on se limite uniquement à des déplacements en ville, on atteint facilement une autonomie de 159 kilomètres sur plusieurs jours. Seul le chargement laisse à désirer, parce qu'il dure extrêmement longtemps. Même avec un chargeur de 22 kW à 1000 euros, il faut compter 40 minutes pour passer d'une charge de 10 à 80%. Rien à voir avec des concurrentes plus modernes comme la Mini ou l'Opel Corsa électriques qui affichent une bien meilleure performance à ce niveau.

Peu de nouveautés

Alors que Smart fait la Une des médias en renonçant aux moteurs thermiques, les nouveautés sont plutôt limitées. À l'extérieur, ce sont avant tout la jupe avant retouchée, au regard sérieux, et un design différent pour les deux et les quatre portes, ainsi que le contour des phares qui font la différence. Quant à l'intérieur, il y a certes eu un rafraîchissement au niveau de l'infodivertissement, mais même l'intégration des smartphones ne change rien au fait que les instruments analogiques et la navigation lente ont l'air datés. Et c'est sans parler du reste.

Pour autant, ses concepteurs ne sont pas étrangers à la numérisation. Mais, comme l'argent et les possibilités n'étaient pas suffisants pour intégrer de nouveaux gadgets à l'intérieur du véhicule, ils se sont lâchés sur les applications externes. Du coup, on peut non seulement commander la recharge de la batterie depuis une montre Apple, mais même offrir un système d'autopartage privé. Comme il est également possible de déverrouiller et de démarrer le véhicule à l'aide de son smartphone, on peut aisément le partager avec ses amis ou sa famille. Ils auraient cependant pu faire l'impasse sur la fonction de recherche qui permet de montrer où le véhicule est stationné avec les informations en temps réel sur les parkings souterrains. Car s'il y a une voiture avec laquelle on trouve toujours une place, c'est bien la Smart.

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