Irak: Un nouveau gouvernement nommé
Actualisé

IrakUn nouveau gouvernement nommé

Le président irakien a chargé lundi Haïdar al-Abadi de former un nouveau gouvernement, écartant le très contesté Nouri al-Maliki.

Né en 1952, Haïdar al-Abadi avait été élu en 2006 au Parlement, dont il était désormais le premier vice-président. Les Etats-Unis ont immédiatement soutenu sa nomination. Joe Biden a félicité M. Abadi, ce dernier assurant au vice-président américain qu'il avait l'intention de former rapidement un gouvernement «ouvert».

«Le Premier ministre désigné a exprimé son intention d'agir rapidement pour former un gouvernement large et ouvert, capable de contrer la menace de l'Etat islamique et de construire un avenir meilleur pour les Irakiens de toutes les communautés», a indiqué la Maison Blanche dans un communiqué.

La formation d'un gouvernement d'union est réclamée par la communauté internationale pour contrer l'offensive lancée le 9 juin par les jihadistes sunnites de l'Etat islamique (EI). Ceux-ci s'emparent de territoires en Irak et mènent des exactions contre les minorités religieuses, poussant à l'exode des centaines de milliers de personnes.

Maliki s'accroche au pouvoir

Lors d'une brève cérémonie retransmise en direct à la télévision, le président irakien Fouad Massoum a chargé M. Abadi de former le prochain gouvernement d'ici 30 jours. «Le pays est entre vos mains», lui a-t-il dit. Cependant, nombre d'officiers de l'armée soutiennent encore M. Maliki.

Le Premier ministre sortant, que ses adversaires mais également une partie de son camp chiite considèrent comme responsable des violences intercommunautaires dans le pays, a décidé de s'accrocher au pouvoir. Ses partisans ont fait valoir que son remplacement était illégal.

Dimanche soir, M. Maliki a accusé le président d'avoir violé la Constitution en retardant la nomination d'un Premier ministre. Il a annoncé son intention de porter plainte à son encontre.

Livraisons d'armes aux forces kurdes

Sur le terrain, les Etats-Unis lancent depuis vendredi des frappes contre des positions jihadistes dans le Nord, afin de contrer leur avancée vers la région autonome du Kurdistan et de protéger le consulat américain d'Erbil, la capitale.

Ce soutien a permis aux peshmergas, les combattants kurdes, de reprendre dimanche les villes de Makhmour et Gwer. Ils ont cependant perdu Jalawla, à 130 km au nord-est de Bagdad.

Lundi, Washington a dit livrer des armes aux forces kurdes depuis la semaine dernière. «Nous collaborons avec le gouvernement irakien pour envoyer des armes aux Kurdes, dont ils ont très vite besoin. Les Irakiens procurent des armes de leurs stocks, et nous faisons la même chose, nous leur fournissons des armes de nos stocks», a déclaré sur CNN Marie Harf, une porte-parole de la diplomatie américaine.

Situation humanitaire catastrophique

La situation humanitaire reste catastrophique. Des centaines de milliers de personnes ont été jetées sur les routes par l'avancée de l'Etat islamique. Parmi elles, de nombreux chrétiens chassés de Mossoul, deuxième ville du pays, et de Qaraqosh, ville chrétienne prise la semaine dernière.

La minorité kurdophone et non musulmane des Yazidis est également menacée depuis la prise de Sinjar, l'un de ses bastions. Réfugiés dans les arides montagnes environnantes, des milliers de Yazidis tentent de survivre entre la famine et les jihadistes, sous des températures pouvant dépasser 50° C.

Les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont largué des vivres aux populations en détresse. «Nous allons procéder dès que possible à de nouveaux parachutages» de nourriture et de matériel de survie, a fait savoir un porte-parole de l'armée britannique. La France a aussi envoyé de l'aide.

Projet de résolution à l'ONU

Le Conseil de sécurité de l'ONU a entamé lundi la rédaction d'un projet de résolution visant à couper l'approvisionnement, en argent et en hommes, des jihadistes en Syrie et en Irak.

Des experts des 15 pays membres du Conseil ont commencé à discuter d'une proposition britannique qui pourrait être adoptée sous forme de résolution cette semaine. (ats)

Maliki rejette la nomination

Le Premier ministre sortant irakien Nouri al-Maliki, qui briguait un 3e mandat, a jugé que la nomination lundi de son successeur constituait une violation de la Constitution, menée avec le soutien des Etats-Unis. «Nous rejetons cette violation de la Constitution», a affirmé M. Maliki en faisant référence à la nomination de Haïdar al-Abadi, un membre de son parti, comme nouveau chef du gouvernement. Washington «s'est tenu aux côtés de ceux qui ont violé la Constitution», a-t-il ajouté dans un enregistrement diffusé à la télévision. Les Etats-Unis ont félicité M. Abadi et le secrétaire d'Etat américain John Kerry avait dit «espérer que M. Maliki ne causera pas de problèmes».

«Un pas en avant prometteur»

Le président américain Barack Obama salué lundi la nomination d'un nouveau Premier ministre en Irak pour remplacer Nouri al-Maliki, appelant de ses voeux une transition pacifique vers un gouvernement qui représente toutes les composantes de la société. «Aujourd'hui, l'Irak a fait un pas en avant prometteur», a affirmé M. Obama qui s'exprimait depuis l'île de Martha's Vineyard, dans le Massachusetts (nord-est), où il passe des vacances en famille. Le président a précisé qu'il avait promis son «soutien» au nouveau Premier ministre Haïdar al-Abadi.

Ton opinion