Actualisé 06.09.2019 à 13:45

Municipalité de Vevey (VD)

Un nouveau rapport et la crise repart de plus belle

Un audit sur les conséquences de la crise municipale dans l'administration de la commune a donné l'occasion aux deux camps de tirer à boulets rouge sur leurs ennemis.

de
Yannick Weber
Les réactions des élus au rapport ont été rendues publiques vendredi.

Les réactions des élus au rapport ont été rendues publiques vendredi.

Keystone/Jean-Christophe Bott

«C'est pas nous, c'est eux.» C'est, en substance, les réponses écrites des municipaux veveysans au rapport d'audit qui a été mené dans l'administration sur la crise qui agite la commune depuis plus d'un an. Le rapport, rendu public vendredi, plonge aux origines de la crise, analyse ses conséquences sur les rapports de travail, et lance des pistes d'améliorations. Le tout, sans nommer ni pointer du doigt personne. Ce qui a eu le mérite de faire sortir de leurs gonds les principaux concernés, dont on comprend qu'ils s'adonnent à une confrontation sans merci en deux camps: la syndique Elina Leimgruber et son collègue Etienne Rivier, et les deux membres de Vevey Libre, depuis suspendus, Jérôme Christen et Michel Agnant.

Ils veulent nommer les coupables

Dans leurs réponses, chaque camp regrette que l'autre n'ait pas été désigné comme coupable. En langage politicien, cela donne: «Le rapport d'audit évacue toute analyse individualisée des comportements de l'Exécutif, ce qui provoque un amalgame malheureux et empêche toute délimitation ad personam d'éventuels manquements et responsabilités», écrit la Municipalité actuelle, à savoir le camp Leimgruber/Rivier, ce vendredi dans un communiqué.

Dans l'autre camp, le constat est similaire. «Il n'est nullement constructif, par souci que personne ne perde la face, de renvoyer les protagonistes dos à dos et de parler de «responsabilités partagées», écrit Michel Agnant, avant de conclure en citant Montesquieu et de noter, dans une critique à peine dissimulée envers la syndique, que «gouverner n'est pas synonyme de dominer». Son coéquipier Jérôme Christen abonde. Et, pour l'un des reproches, de dire humblement: «Je n'ai pas le sentiment d'être concerné, mais je peux me tromper et il serait utile que je le sache».

Le spectre du retour des suspendus

La Municipalité actuelle, tout en «prenant acte» du rapport d'audit, s'engage à «proposer des mesures destinées à retrouver un climat de travail serein et productif». Sans oublier d'ajouter, en guise de pique non déguisée, que depuis que les deux élus suspendus ont été écartés, tout est déjà plus calme.

Mais la situation pourrait évoluer, et dans le rapport plane la perspective de la réintégration de Jérôme Christen et Michel Agnant. Les auteurs de l'audit l'annoncent: il faut s'y préparer. Et, soit les deux camps s'engagent à renouer le dialogue, soit il serait pertinent de nommer une personne externe qui exercerait «une présidence technique avec une expertise d'animation de groupe».

Impacts sur l'administration

Les auteurs de l'audit se sont penchés sur les répercussions qu'a eue la crise sur le fonctionnement de la commune. Des chefs de service ont fait état de démotivation, d'insatisfaction, et même de problèmes de santé. L'audit a décelé des situations d'irrespect pour certaines personnes et de mobbing, mais pas de harcèlement moral, verbal ou physique. Pour les auteurs du rapport, il existe un manque de vision et des problèmes de management au sein de la Municipalité.

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