Covid 19 – Un nouveau test antigénique rapide plus performant
Publié

Covid-19Un nouveau test antigénique rapide plus performant

Des chercheurs de l’Institut Paul Scherrer PSI et de l’Université de Bâle ont mis au point un test promettant des informations fiables et quantifiables sur la maladie, son évolution et sur d’autres maladies également.

Une sérieuse lacune des tests antigéniques actuels réside dans leur manque de fiabilité, comme l’a récemment montré l’étude d’un groupe de recherche emmené par Heinrich Scheiblauer de l’Institut Paul Ehrlich, en Allemagne. Sur les 122 kits étudiés, produits par différents fabricants, un test sur cinq ne satisfaisait même pas l’exigence minimale, à avoir identifié 75% des sujets présentant une charge virale élevée comme étant positifs au coronavirus. Autre lacune: les tests ne disent que si le sujet est infecté ou non. Mais ils ne fournissent aucune information sur l’évolution de l’infection ou sur la réaction immunitaire des sujets.

Un nouveau test développé par le PSI promet maintenant une plus grande validité: contrairement aux tests antigéniques actuels, il ne détecte pas directement des composants du virus, mais les anticorps que le système immunitaire produit en réaction à l’infection. Il est tout aussi économique, rapide et facile à utiliser. Il permet par ailleurs d’identifier simultanément plusieurs agents pathogènes, comme la grippe.

1 / 2
La pièce maîtresse est une plaque de plexi.

La pièce maîtresse est une plaque de plexi.

Thomas Mortelmans
Le test tient dans la main.

Le test tient dans la main.

Thomas Mortelmans

La pièce centrale du test est une petite plaque rectangulaire de plexiglas conventionnel, qui ressemble beaucoup à une lame de microscope. Elle est composée de deux couches: la couche inférieure a une épaisseur d’un millimètre et la couche supérieure de 0,2 millimètre. Avec sa mince couche de plexiglas comme couvercle, la lame présente trois canaux parallèles, par lesquels un liquide peut s’écouler d’un bout à l’autre de la plaque. Chacun d’eux mesure à l’entrée 300 micromètres (c’est-à-dire 0,3 millimètre) de large et 3,4 micromètres de haut.

Interprétation sous microscope

«Pour faire le test, le patient devrait se rendre chez le médecin ou dans un centre de test», explique Thomas Mortelmans, chercheur qui a mené l’étude. Là, on lui piquerait le doigt pour lui prélever une goutte de sang, comme lors d’un test de glycémie. Un liquide où flottent des nanoparticules artificielles spéciales est mélangé au sang ainsi qu’un révélateur fluorescent. Le tout passe ensuite dans les canaux. Et où ils se rétrécissent, les nanoparticules auxquelles sont arrimés les anticorps humains avec leurs appendices luminescents s’accumulent à cet endroit.

Si l’on examine la plaque au microscope à fluorescence, on peut apercevoir le signal lumineux. Plus le sujet a produit des anticorps, plus le signal est lumineux. Autrement dit, plus le signal est net, plus la réaction immunitaire est forte. Cela permet de diagnostiquer le Covid-19 sans équivoque. «Par ailleurs, l’intensité du signal permet de savoir si le système immunitaire réagit bien et s’il faut s’attendre à une évolution bénigne de la maladie, ou alors s’il réagit de manière excessive et si des complications sont à redouter», explique Thomas Mortelmans.

Le test est encore en phase de développement mais pourrait bientôt être commercialisé.

(comm/jbm)

Ton opinion