Lancy (GE): Un nouvel outil contre les jeunes squatteurs d'allées
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Lancy (GE)Un nouvel outil contre les jeunes squatteurs d'allées

Les régies des Palettes en ont assez des incivilités et des trafics dans leurs immeubles. La police dégaine les mesures d'éloignement.

par
Jérôme Faas
Une quinzaine d'agents ont procédé aux interpellations.

Une quinzaine d'agents ont procédé aux interpellations.

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La vidéo d'une intervention des forces de l'ordre dans le café communautaire du quartier populaire des Palettes, à Lancy, circule depuis quelques jours. L'action se déroule le mercredi 26 février à 17h50. On y voit une quinzaine de policiers, municipaux et cantonaux, procéder à l'interpellation chaotique de deux jeunes hommes dans le local géré par les travailleurs sociaux hors murs au pied du tentaculaire immeuble dit «de l'Étoile». Si les images surprennent par le nombre d'agents engagés, elles sont surtout révélatrices du tour de vis désiré par les régies immobilières qui gèrent le secteur, et de l'outil utilisé à cette fin: la mesure d'éloignement (lire l'encadré).

Plaintes et vandalisme

Depuis plusieurs mois, les régies responsables de ces allées ont constaté une nette recrudescence des actes de vandalisme et d'incivilité. Excédées par «les jeunes du quartier qui fument, boivent et commettent des déprédations dans les caves, les allées et les sous-sols, elles ont déposé plainte pour insalubrité et dommages à la propriété», explique Alexandre Brahier, porte-parole de la police cantonale.

Dans le cadre de leurs réunions mensuelles avec les forces de l'ordre, les régies ont aussi autorisé en décembre les agents à intervenir dans les espaces privés (boxes, toits, etc.). En février, une opération de contrôles réguliers du quartier a été lancée. Des mesures d'éloignement ont été prononcées par la police à l'encontre des jeunes se réunissant dans les allées.

Quinze interdictions

L'outil, d'ordinaire plutôt utilisé pour écarter des dealers de zones précises comme le Jardin anglais, a été recyclé pour ce contexte précis. «Aux Palettes, une quinzaine de mesures d'éloignement ont été prononcées, recense Alexandre Brahier. Cela se met aussi en place au Lignon, à Vernier, et l'outil a également été utilisé à Chêne-Bourg.» Il précise que la mesure, qui doit être avalisée par un commissaire, s'applique aux visiteurs, mais pas aux habitants des lieux.

Quarante minutes de palabres

C'est dans ce contexte que les images ont été filmées. Le 26 février, deux agents de police municipaux (APM) ont repéré un individu faisant l'objet d'une mesure d'éloignement dans le café communautaire. «Lorsqu'ils ont voulu le contrôler, il s'est montré virulent, proférant des insultes et refusant d'obtempérer, décrit Alexandre Brahier. D'autres jeunes s'en sont mêlés. Les agents ont fait appel à des renforts vu la situation tendue. Plusieurs patrouilles sont intervenues. Deux APM ont été blessés et deux individus ont été interpellés et mis à la disposition du Ministère public.» Il précise que la vidéo a été tournée quarante minutes après le début de l'intervention, lorsque tous les renforts étaient présents, et «après de longues minutes de négociation».

Eloignement, mode d'emploi

La mesure d'éloignement est prévue par l'article 53 de la loi sur la police. Les forces de l'ordre peuvent interdire à une personne l'accès d'un périmètre si, notamment, "elle-même ou un rassemblement de personnes auquel elle participe menace l'ordre ou la sécurité publics" ou "importune sérieusement des tiers" ou "se livre à la mendicité" ou "participe à des transactions portant sur des biens dont le commerce est prohibé, notamment des stupéfiants". Prononcé par oral, l'éloignement peut durer un maximum de 24 heures. Par écrit, il peut s'étendre jusqu'à trois mois.

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