Vaud – Un «observatoire des précarités» pour éviter les images chocs de 2020

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VaudUn «observatoire des précarités» pour éviter les images chocs de 2020

La Haute école de travail social et de la santé va piloter un projet avec des partenaires académiques et des acteurs sur le terrain pour mieux accompagner les personnes dans la précarité.

En 2020, à Genève, des milliers de personnes ont fait la queue pendant des heures pour recevoir un sac de provisions gratuites.

En 2020, à Genève, des milliers de personnes ont fait la queue pendant des heures pour recevoir un sac de provisions gratuites.

afp

Tout au début de la crise sanitaire, une image aussi choquante que surprenante a fait le tour du pays: à Genève, une file interminable de personnes fait la queue pour recevoir des produits de première nécessité. Un îlot de pauvreté se révèle à la face de cette Suisse perçue comme un archipel de prospérité.

Mais pour le Centre social protestant Vaud et Caritas, qui côtoient sur le terrain une frange de la population invisible aux radars du filet social à même d’assurer le minimum vital, rien de surprenant. En 2020, alors que les conséquences économiques de la crise sanitaire commençaient à peine à se faire sentir, les deux structures avaient accordé l’équivalent de 1,4 million de francs d’aides financières et alimentaires à des personnes dans la précarité. Il s’agit, notamment de personnes sans-papiers, d’étudiants ayant perdu leurs petits boulots, de familles dont les revenus dépassent d’un poil le niveau donnant droit à l’aide sociale ou encore de personnes qui renoncent à une aide publique à laquelle elles ont pourtant droit.

Appel entendu

Pour remédier à cette situation, elles avaient préconisé la mise en place d’un observatoire des précarités. Leur appel vient d’être entendu par le canton de Vaud. «Mieux comprendre permet d’agir», a déclaré vendredi la conseillère d’Etat Cesla Amarelle, lors de l’annonce de cet observatoire qui permettra de «mieux documenter les situations de précarité en mettant autour d’une même table des compétences académiques et celles issues de la santé et de l’action sociale».

Lancement en mai

Ce projet qui sera lancé officiellement en mai sera coordonné par la Haute école de travail social et de la santé Lausanne (HETSL). «L’observatoire contribuera à mieux comprendre les facteurs de pauvreté et de précarité et permettra d’alimenter les autorités politiques dans la recherche de mesures d’amélioration», a indiqué la conseillère d’Etat Rebecca Ruiz. Pour Caroline Regamey, responsable de l’action sociale au CSP Vaud, cet observatoire permettra de «rendre l’invisible visible».  


(apn)

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