Un oiseau de malheur fait tourner la tête des pêcheurs
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Un oiseau de malheur fait tourner la tête des pêcheurs

TROIS-LACS – Les cormorans piquent le poisson. Les pêcheurs protestent, alors que les protecteurs des oiseaux relativisent.

«Regardez cette palée, elle a été lardassée par un cormoran, je ne peux pas la vendre! Celle-ci non plus, elle a été tuée quand je remontais mes filets ce matin. Sa chair s'est dégonflée!» Olivier Gabus est en colère. Ce jeune pêcheur d'Auvernier (NE) a perdu 10% de sa prise: «C'est moins que d'habitude. Et je ne compte pas le poisson que les cormorans me prennent sur place, ni les dégâts faits aux filets.»

Le problème d'Olivier Gabus vient de la réserve du Fanel, à la sortie du canal de la Broye. Normalement oiseaux migrateurs, les cormorans s'y sont installés depuis 2001. «Quand on part lever nos filets, ils sont déjà sur place. On n'en peux plus. Il faut absolument réguler la présence de cet oiseau de malheur.» Mais comment? «En allant par exemple huiler des œufs au Fanel. ça les empêcherait d'éclore. Les cormorans se reproduiraient moins.»

Selon Olivier Gabus, deux mille cormorans sont installés sur le lac de Neuchâtel. Mais selon François Turrian, directeur romand de l'Association suisse pour la protection des oiseaux, ils ne sont que deux cents couples. «De toute façon, le cormoran est protégé aussi dans les pays nordiques. Si on en élimine ici, d'autres viendront.» Une commission réunira les principaux acteurs concernés à la rentrée. Les débats promettent d'être houleux.

Nando Luginbuhl

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