Actualisé 01.10.2012 à 10:53

CambodgeUn opposant écope de vingt ans de prison

La patron d'une radio indépendante cambodgienne a été reconnu coupable lundi de complot sécessionniste. Les groupes de défense des droits de l'Homme dénonce une décision «scandaleuse».

De nombreuses personnes ont soutenu Mam Sonando

De nombreuses personnes ont soutenu Mam Sonando

Un farouche adversaire du gouvernement cambodgien a été condamné à 20 ans de prison lundi après avoir été reconnu coupable de complot sécessionniste. Selon ses partisans, ce chef d'accusation cache la volonté du régime de Hun Sen de le faire taire.

Mam Sonando, propriétaire de la radio indépendante Beehive, a été condamné par un tribunal de Phnom Penh pour insurrection et incitation à l'usage d'armes contre l'Etat. Âgé de 71 ans, il est accusé d'avoir échafaudé un complot pour établir une région autonome dans la province de Kratie, dans l'est.

Les groupes de défense des droits de l'Homme estiment pour leur part que le gouvernement tente de justifier la mort d'une adolescente en mai dans des affrontements entre forces de l'ordre et villageois dans une affaire de saisie de terres. Il est considéré par Amnesty International comme un «prisonnier de conscience».

Aucune preuve

Sonando avait déjà été arrêté deux fois en 2003 et 2005 pour ses positions politiques et pour avoir diffamé le gouvernement du Premier ministre Hun Sen, 61 ans. Hun Sen est l'homme fort du Cambodge depuis 1985 et a promis de rester au pouvoir jusqu'à ses 90 ans.

«La Cour a prononcé un verdict politiquement motivé», a dénoncé lundi le président du Centre cambodgien pour les droits de l'Homme, Ou Virak. «Il n'y a aucune preuve que Mam Sonando ait commis ces infractions».

Décision «scandaleuse»

Rupert Abbott, d'Amnesty International, a qualifié la décision de «totalement scandaleuse» et promis de se battre pour la libération de celui qui dirige l'Association des démocrates, un groupe très critique à l'égard du pouvoir.

«Je suis heureux d'avoir aidé la Nation», a déclaré l'accusé, alors qu'il était emmené par la police. Une centaine de partisans étaient maintenus à distance de la salle d'audience.

Les conflits fonciers constituent l'un des dossiers les plus sensibles du pays à l'heure actuelle. Les manifestations se sont multipliées et les militants affirment que la répression ne cesse de s'amplifier.

(ats)

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