Votations du 28 février: Un «oui» pour le 2e tube au Gothard se dessine
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Votations du 28 févrierUn «oui» pour le 2e tube au Gothard se dessine

Si les votations du 28 février avaient eu lieu début janvier, les textes sur le Gothard, la mise en oeuvre du renvoi des criminels étrangers et la dépénalisation du mariage auraient été acceptés, selon un sondage en ligne de «20 minutes».

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jbu/ofu/nxp

La ministre des Transports Doris Leuthard a de quoi se réjouir: selon la première vague du sondage mené auprès de nos internautes début janvier, 58% des plus de 32'000 répondants sont favorables à un deuxième tunnel au Gothard. Le camp des opposants représente 31% et près d'une personne sur dix est encore indécise.

La conseillère aux Etats Brigitte Häberli-Koller (PDC/TG), membre du comité en faveur du 2e tube, est surprise: «Ce résultat est très motivant et nous pousse à continuer à nous battre avec de bons arguments... D'autant plus que l'on sait qu'il peut se passer beaucoup de choses durant les dernières semaines avant les votations.» Les opposants au texte, eux, critiquent la mauvaise répartition des forces - surtout du point du vue financier - entre le camp des défenseurs et des opposants. «C'est David contre Goliath», critique Thomas Bolli de l'association «Non au 2e tunnel au Gothard». Il explique ainsi que son comité manque d'argent pour pouvoir placer des affiches un peu partout en Suisse. C'est, selon lui, la raison pour laquelle le peuple ne connaît pas encore très bien les arguments des opposants.

Catalogue de délits dans la Constitution

Selon notre sondage, l'initiative de mise en œuvre du renvoi des criminels étrangers passerait elle aussi la rampe le 28 février prochain, avec 61% de sondés pour ou plutôt pour. Le camp des «non» est actuellement de 36%. L'UDC exige que tout un catalogue de délits méritant l'expulsion soit inscrit noir sur blanc dans la Constitution. On y trouve les meurtres, viols, traite d'êtres humains, trafic de drogue, mais aussi abus de confiance, vols, violation de domicile, dommages à la propriété, fabrication de fausse monnaie ou escroquerie à l'aide sociale ou aux assurances sociales.

Le texte introduit aussi la notion de récidive. Il demande que tout étranger condamné pour l'une de ces infractions et s'il a déjà été condamné au cours des 10 ans précédents soit reconduit aux frontières. En outre, il propose aussi l'automatisme: plus besoin de tribunal pour justifier une expulsion, une simple ordonnance pénale du Ministère public suffit, quelle que soit la gravité de la peine prononcée. Enfin, l'initiative précise que les dispositions qui régissent l'expulsion et leurs modalités d'exécution priment sur les normes du droit international qui ne sont pas impératives.

Tous les partis ou presque, y compris les Chambres et le Conseil fédéral ainsi que de nombreuses ONG sont contre le texte du parti agrarien. Fait remarquable: en décembre, l'ensemble du Conseil des Etats, à l'exception des cinq élus UDC et de l'indépendant Thomas Minder, a signé une déclaration commune contre ce texte jugé «antidémocratique» et «qui risque de bouleverser les institutions». Les sénateurs accusent l'UDC de contourner le processus législatif en soumettant au peuple des dispositions qui constituent une modification directe du Code pénal. Et ce alors que l'initiative a été lancée avant que le Parlement ne rende son projet de loi.

Supprimer les désavantages actuels qui frappent les couples mariés

Le texte du PDC «contre la pénalisation du mariage» obtient 63% d'avis favorables et seulement 24% d'avis défavorables. Il a pour but de renforcer le mariage et le partenariat enregistré. Il vise notamment à supprimer les désavantages actuels qui frappent les couples mariés et les partenaires enregistrés par rapport aux couples concubins non seulement en matière d'impôts, mais également dans le domaine de la prévoyance vieillesse. Il s'agit en priorité d'éliminer la différenciation injustifiée de l'état civil: soulager financièrement les couples et par conséquent les familles quel que soit leur modèle, écrit le PDC sur son site internet.

De leur côté, les opposants critiquent le fait que l'initiative souhaite définir de manière trop stricte le mariage dans la Constitution. Le texte prévoit en effet de la modifier comme suit: «Le mariage est l'union durable et réglementée par la loi d'un homme et d'une femme. Au point de vue fiscal, le mariage constitue une communauté économique. Il ne peut pas être pénalisé par rapport à d'autres modes de vie, notamment en matière d'impôts et d'assurances sociales.» Cette nouvelle définition rendrait plus difficile la lutte pour l'égalité des homosexuels.

Seule l'initiative des jeunes socialistes «Pas de spéculation sur les denrées alimentaires» est sur le balan. Quelque 41% des sondés sont pour, 30% sont contre et 29% sont encore indécis.

Informations sur notre sondage

Pas moins de 32'654 personnes ont participé au sondage en ligne de 20 minutes entre le 5 et le 7 janvier. Les politologues Lucas Leeman et Fabio Wasserfallen ont pondéré les réponses en fonction de variables démographiques, géographiques et politiques afin de correspondre le plus étroitement possible à la structure de la population suisse. La marge d'erreur est de 1,2%.

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