Vaud: Un Parlement entre histoire et modernité
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VaudUn Parlement entre histoire et modernité

Le 14 avril prochain, les députés regagneront le site historique de Perregaux à Lausanne entièrement rénové.

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Le nouveau bâtiment ou va siéger le Grand Conseil Vaudois sera inauguré le 14 avril prochain. (Vendredi 24 mars 2017)

Le nouveau bâtiment ou va siéger le Grand Conseil Vaudois sera inauguré le 14 avril prochain. (Vendredi 24 mars 2017)

Keystone
Le nouveau Parlement vaudois remplacera le bâtiment Perregaux détruit par le feu en 2002.  (Vendredi 24 mars 2017)

Le nouveau Parlement vaudois remplacera le bâtiment Perregaux détruit par le feu en 2002. (Vendredi 24 mars 2017)

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La date d'inauguration coïncide avec Vendredi Saint, mais elle a été conservée, car le 14 avril 1803 marque l'entrée du canton dans la Confédération.. (Vendredi 24 mars 2017)

La date d'inauguration coïncide avec Vendredi Saint, mais elle a été conservée, car le 14 avril 1803 marque l'entrée du canton dans la Confédération.. (Vendredi 24 mars 2017)

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Le 14 avril, les députés vaudois regagneront le site historique de Perregaux à Lausanne. Après plus de 15 ans d'exil, ils inaugureront leur nouveau Parlement, dont l'architecture marie l'ancien et le moderne.

Les travaux de finitions allaient bon train vendredi sur le chantier. Le 14 avril, les 150 députés réinvestiront en grande pompe un endroit complètement métamorphosé, après l'incendie de 2002. La date coïncide avec Vendredi Saint, mais elle a été conservée, car le 14 avril 1803 marque l'entrée du canton dans la Confédération.

Le conseiller d'Etat Pascal Broulis a servi de guide à la visite de presse. «Attendre 15 ans pour réhabiliter un site incendié, ce n'est pas très cohérent. Mais on a enfin trouvé le chemin», s'est réjoui le chef du Département en charge des constructions.

Vue et lumière

On pénètre dans la nouvelle maison du Parlement par une porte vitrée qui donne sur un grand escalier en bois. A droite, la façade moyenâgeuse de la maison Charbonnens, récemment mise à jour, contraste à gauche avec un mur moderne. A l'étage, l'agora, un carrefour stratégique: «l'endroit où les gens vont se voir, préparer des coups, réfléchir au dépôt de textes», imagine M. Broulis.

Puis la salle, à proprement parler, un espace sobre, fonctionnel et lumineux, en bois blond - chêne, bouleau et épicéa - avec des tables et des sièges noirs. L'hémicycle offre une vue panoramique sur la ville et le lac ainsi qu'une «acoustique extraordinaire», s'enthousiasme le conseiller d'Etat. «On est à l'aise même sans micro, la voix porte jusqu'au fond. On s'y sent tout de suite bien».

Témoignages de l'histoire

Micros et écran géant équipent la salle. A l'étage, une tribune est destinée au public et aux journalistes. A côté, une salle des pas perdus est aménagée sur un sol ancien en galets, près du péristyle rénové et de portes historiques en bois qui ont été conservées.

L'ensemble conserve plusieurs témoignages de l'histoire de ce pâté de maisons. Voire même les révèle: à l'entrée de la buvette, les fouilles ont permis de mettre à jour un fragment de peinture murale remontant probablement au début du 14e siècle.

Polémiques

Pourtant, la longue histoire de cette reconstruction a été émaillée de polémiques. D'abord le toit était jugé trop imposant, de forme irrégulière et surtout gris en inox étamé, une hérésie pour beaucoup au coeur de la Cité historique. Après moult discussions, le vote sur un référendum a été évité de justesse. Des tuiles recouvrent désormais un toit réduit, mais encore bien visible.

Les députés ont ensuite exigé une charpente en bois suisse, et se sont offusqués que le montage des panneaux se fasse en Allemagne. Finalement, le bois utilisé est certifié «suisse» et provient de près de 800 arbres coupés dans les forêts du Jorat. Enfin, les journalistes ont protesté en vain contre leur exclusion de la salle des débats et seront placés à l'étage, à la tribune.

Energie

Ces tribulations ont remodelé le projet initial, qui se voulait exemplaire en matière de consommation énergétique. L'ensemble reste conforme aux standards Minergie Eco. Le nouveau Parlement a coûté quelque 25 millions de francs, sans dépassement budgétaire, hormis un crédit additionnel de 2,4 millions. «Beaucoup moins que les 400 millions de livres du Parlement écossais», a souligné Pascal Broulis.

Le 14 avril, le canton fêtera en grande pompe sa nouvelle «pépite». Une séance inaugurale se tiendra dans le Grand Conseil, puis une cérémonie à la Cathédrale et un apéritif en présence d'un millier d'invités, sur la place du Château.

Le conseiller fédéral Guy Parmelin fait partie des invités. «Mais il viendra comme Vaudois et ancien parlementaire qui a siégé en ces murs», a précisé Pascal Broulis. Tous les anciens députés ont été invités. L'après-midi, de 13h30 à 16h30, la population pourra visiter le nouveau Parlement. Une pièce commémorative sera frappée à cette occasion, et distribuée aux invités. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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