Actualisé 31.10.2013 à 21:18

Etats-UnisUn pas de plus vers un vaccin contre le SIDA

Des chercheurs sont parvenus à capturer l'image très précise d'une protéine clé du virus du sida. Elle constitue une cible de choix pour un vaccin, révèlent jeudi leurs travaux.

Une vue détaillée des structures atomiques de cette protéine formée de trois parties qui se trouve sur l'enveloppe du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) est essentielle pour mieux comprendre comment le VIH parvient à entrer dans les cellules, ouvrant potentiellement la voie à un vaccin efficace, soulignent les chercheurs dont les travaux paraissent dans la revue Science.

Jusqu'alors, les virologues ne parvenaient pas à obtenir une image haute résolution au niveau atomique de cette protéine de l'enveloppe du virus, en raison de sa complexité et de la fragilité de sa structure.

Pour surmonter ces difficultés, ils ont «fabriqué» une version plus stable de la protéine et ont pu en saisir l'image avec une technique de cryo-microscopie électronique combinée à une cristallographie aux rayons X.

Les chercheurs ont pu lever le voile sur les structures atomiques de la protéine, observer comment ses éléments s'assemblaient et voir comment elle interagissait avec des anticorps qui ciblaient le VIH.

Ces travaux permettent un éclairage sur le processus complexe par lequel la protéine s'assemble et connaît des changements radicaux de forme pendant l'infection.

Cela permet aussi des comparaisons avec les protéines d'enveloppe d'autres virus comme celui de la grippe et Ebola, explique le biologiste Ian Wilson, du Scripps Research Institute en Californie, le principal auteur.

La grande difficulté à mettre au point un vaccin capable de contrer le VIH réside dans les caractéristiques exceptionnelles de cet agent pathogène par rapport aux autres virus, expliquent par ailleurs des virologues.

Le VIH a une énorme diversité de séquences génétiques, lui donnant une grande capacité de mutations et d'adaptations. Il existe trois différents groupes de VIH, expliquent-ils, dont un seul, dit M, est divisé en neuf sous-types distincts avec un nombre indéterminé de variantes en circulation.

De plus, un virus d'un sous-type peut varier de 20% jusqu'à 38% en Afrique où l'on compte de multiples variantes.

De surcroît, ce rétrovirus peut connaître plus de mutations lors de l'infection d'une seule personne que dans le cours d'une pandémie mondiale de grippe.

Jusqu'à présent un seul vaccin expérimental a montré un effet protecteur modeste dans un essai clinique mené en Thaïlande en 2009 avec 16.000 personnes. (afp)

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