Actualisé 20.05.2016 à 12:21

Turquie

Un pas vers la levée de l'immunité des élus

La réforme constitutionnelle doit permettre d'engager des poursuites contre des parlementaires visés par des enquêtes

Le parlement doit procéder vendredi à deux autres votes.

Le parlement doit procéder vendredi à deux autres votes.

photo: Keystone

Le Parlement turc a largement approuvé vendredi un projet de réforme controversé pour lever l'immunité des députés visés par des procédures judiciaires, le principal parti prokurde y voyant une manoeuvre du gouvernement pour évincer ses élus.

Le texte a recueilli 376 voix favorables lors d'un vote à bulletin secret, a annoncé le président du Parlement Ismail Kahraman, soit plus que les deux tiers (367) requis pour une adoption directe. Cela ouvre la voie à des poursuites contre 138 députés, dont 50 du Parti démocratique des peuples (HDP, prokurde). L'opposition pro-kurde estime que cette mesure vise à la priver de représentation nationale.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a évoqué vendredi un «vote historique» ajoutant : «mon peuple ne veut pas voir dans ce Parlement des députés qui ont commis des crimes».

Les adversaires de M. Erdogan expliquent que cette initiative fait partie de sa stratégie pour chasser le HDP du parlement et pour renforcer la position du parti Justice et Développement (AKP) au pouvoir afin d'obtenir l'instauration d'un régime présidentiel qu'il réclame.

Poursuites judiciaires

Pour Selahattin Demirtas, co-président du HDP, la suppression de l'immunité parlementaire va avoir pour conséquence d'engendrer des violences et d'étouffer le processus démocratique en Turquie.

La réforme constitutionnelle doit permettre d'engager des poursuites judiciaires contre des parlementaires qui font déjà l'objet d'une enquête, soit 138 élus dont 101 appartiennent au HDP ou au Parti républicain du peuple (CHP), première force de l'opposition.

Le HDP fait valoir que la grande majorité de ses 59 députés risquent d'être envoyés en prison, principalement en raison des opinions qu'ils défendent. Cela pourrait aboutir à priver ce parti d'une représentation nationale, affirment-ils. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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