Actualisé 25.01.2013 à 17:02

Aéroport de GenèveUn passager voyage avec ses munitions de tir

«Oublié» par une employée de la sécurité de l'aéroport, un voyageur dit s'être retrouvé avec une dizaine de balles de fusil et de pistolet dans la cabine.

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Guillaume pratique le tir.

Guillaume pratique le tir.

«Loin de moi l'idée de voyager avec mes munitions». Le sang de Guillaume s'est glacé lorsqu'il s'est aperçu, le 27 octobre dernier, qu'il détenait une douzaine de balles de tir, à bord d'un avion d'Air France le menant à Paris. Ce voyageur français habitant dans le canton de Vaud s'est encore davantage étonné d'avoir pu passer le contrôle de sécurité sans le moindre encombre. Heureusement pour lui, dans la mesure où il aurait risqué l'emprisonnement s'il avait été attrapé.

En partance pour un séjour en Afrique du Sud, Guillaume affirme avoir subi un contrôle normal à Cointrin, au niveau du secteur France. Son sac à dos - où étaient rangées les munitions de 22 long rifle et de 9 mm - placé sur le tapis à rayons X, le vacancier aurait sonné en passant sous le détecteur. La palpation ne donne rien.

Etourdie par ses dragueurs

Selon lui, une employée chargée du contrôle des passagers aurait alors jeté un bref coup d'oeil à son sac à dos. «Puis elle m'a dit que je pouvais y aller», poursuit notre interlocuteur. Qui pense en outre pouvoir expliquer la distraction de la vigile: «Elle était visiblement en train de se faire draguer par ses collègues». Le vol AF 1043 décollera avec des munitions à bord.

Contacté, le porte-parole de l'Aéroport de Genève indique qu'une erreur humaine a pu survenir. «Si ce cas est avéré, il est clair que l'opératrice aurait dû se rendre compte de la présence de balles», explique Bertrand Stämpfli. Ce dernier conclut: «Une défaillance n'est pas impossible bien sûr, même si elle est regrettable».

Un aéroport sûr

Pour autant, l'Aéroport de Cointrin ne peut pas être taxé de laxisme. «Nous sommes audités régulièrement par l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC) et sommes pratiquement toujours félicité pour nos standards de sécurité», insiste le chargé d'information.

Ces mots ne convainquent néanmoins pas Guillaume. «Je suis déjà terrorisé par les menaces de sécurité dans les avions, alors ce couac ne me rassure pas».

Pays de tireur

Selon une source, l'aéroport de Cointrin voit en réalité souvent transiter des voyageurs avec une munition ou deux dans leur poche. La confiscation est immédiate. Un fait peu surprenant dans un pays où le tir et la chasse se pratiquent à grande échelle. L'expérience de Guillaume tombe d'ailleurs dans cette réalité. «Ces balles dans mon sac étaient un oubli. Quand il me reste des munitions après une séance de tir, je les conserve».

De telles munitions sont évidemment interdites dans la cabine, rappelle Bertrand Stämpfli.

Si ses cartouches ont échappé à la vue des contrôleurs genevois, Guillaume n'a pas voulu tester la vigilance des gardes de Roissy. Dès son arrivée à Paris, il s'est dépêché de jeter les douilles dans une poubelle de l'aéroport.

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