Actualisé 17.11.2016 à 10:44

Vésenaz (GE)

Un patron jette l'éponge après le braquage de trop

Mobilier saccagé et stocks volés pour la deuxième fois en moins d'un an: le propriétaire d'un magasin de téléphones va fermer définitivement.

de
David Ramseyer

«Il n'y a plus rien: plus de natels, l'ordinateur et la caisse ont été embarqués, notre écran géant est explosé, tout comme les présentoirs», énumère Michel Yazigi. Propriétaire d'une enseigne de téléphonie à Vésenaz (GE), il estime que les pertes causées par le récent cambriolage dont son commerce a été victime se chiffrent en dizaines de milliers de francs. L'échoppe de sushis attenante, qui lui appartient également, a aussi été dévalisée.

Vers 4h, samedi passé, au moins trois individus se sont introduits dans son Phone Store, déjà victime d'un vol le 30 janvier dernier. Des malfrats avaient alors défoncé la vitrine avec une plaque d'égout. «Après ça, j'ai fait poser des vitres blindées, mais cette fois-ci, ils ont démonté l'armature de la porte avec des pieds-de-biche», soupire Michel Yazigi.

Cibles privilégiées

A bout, il va tirer la prise. «Les affaires étaient déjà difficiles, je me suis battu pendant des mois; mais là, c'est trop.» Le commerçant fermera boutique à la fin de l'année. Deux employés vont ainsi perdre leur place. «On comprend notre patron», assure l'un d'eux.

«C'est une histoire malheureuse», compatit la présidente de la Fédération du commerce genevois. Fabienne Gautier souligne que les magasins de détail constituent des proies faciles pour les malfaiteurs: «Nous n'avons pas les moyens de nous payer des agents privés et des systèmes de sécurité aussi performants que ceux des grandes enseignes.» Elle ajoute que les vendeurs de téléphones ou de matériel informatique sont particulièrement visés: «Leurs produits peuvent facilement être revendus ailleurs, à l'étranger notamment.»

Cambriolages en baisse

Michel Yazigi espère que les images de vidéosurveillance vont servir à arrêter les voleurs et les empêcher de récidiver ailleurs. «Ces imbéciles ont agi à visage découvert. La police m'a dit que les images étaient suffisamment bonnes pour effectuer des reconnaissances faciales.» Une enquête étant en cours, les forces de l'ordre n'ont pas souhaité s'exprimer sur le sujet.

Celles-ci ont recensé 443 cambriolages dans des commerces et des administrations (ndlr: ces chiffres ne prennent pas en compte les pharmacies, classées dans une autre catégorie) entre janvier et fin octobre de cette année. C'est pourtant deux fois moins que l'an dernier (964 cas en 2015) pour la même période.

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