Procès en Valais: Un père présente comme un jeu le meurtre de sa fille
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Procès en ValaisUn père présente comme un jeu le meurtre de sa fille

La procureure a requis 16 ans de prison contre un homme qui avait étranglé sa fille en 2012 à Loèche-les-Bains (VS). Ce dernier conteste avoir voulu la tuer.

par
Christian Humbert
La mère de la petite victime était entourée de sa famille lors du procès en Valais jeudi. (photo: CHU)

La mère de la petite victime était entourée de sa famille lors du procès en Valais jeudi. (photo: CHU)

photo: Kein Anbieter

D'abord un murmure de la foule compactée dans la grande salle du château de Loèche. Puis un grondement. La défense veut une évacuation. Le tribunal d'arrondissement (3 juges pros) refuse. M., ex-cadre bancaire de Founex, fournit de surprenantes explications au sujet de l'assassinat de sa fille de 7 ans. «J'avais pris des médicaments. Je voulais mettre fin à mes jours. Ma fille était au lit. J'ai joué à un jeu. Et malheureusement le jeu a mal tourné. Je n'étais pas dans un état normal. Je suis responsable de ce qui s'est passé, pas de ce que l'on m'accuse». Ce seront ses seules explications. Sans larme. Sans émotion. Cette défense était prévisible: plus d'une heure, jeudi matin, son avocat, le conseiller aux Etats Beat Rieder, l'avait développée en demandant le renvoi des débats afin d'investigations complémentaires, sur l'impact des médicaments notamment.

Pour la défense, M. n'a pas voulu tuer. La haute dose de médics ingurgités l'a rendu agressif. La partie civile et la procureure Fabienne Jelk s'étonnent: Comment une fillette de 7 ans pouvait imaginer un jeu d'étranglement? Personne n'a pu témoigner de telles pratiques. En revanche les photos de la victime sont très parlantes: ce sont des plaies qui apparaissent à son cou. Du sang a giclé sur les draps. Pas de doute pour l'accusation: M. a assassiné l'écolière un week end de juin 2012 pour se venger de sa femme qui lui avait annoncé une liaison. Il avait dit vouloir la faire souffrir, lui faire payer. Il a agi par vengeance. Il est demeuré près de 24 heures auprès du cadavre. Lui qui voulait se suicider n'est pas mort. La procureure a requis 16 ans de prison. Le jugement sera transmis aux parties.

Ce qu'elle redoutait le plus: «le renvoi du procès. Trois ans et demi que j'attends. C'est dur à vivre. Je me sens responsable.» Digne, tantôt souriante, tantôt en larmes, la femme de M. (le divorce sera prononcé en avril) n'est pas surprise de l'apparente décontraction de son mari, entravé aux jambes. «Il est narcissique, fier». Elle connaissait ses explications, au dossier. Elle attend une sanction.

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