Justice: Un père tortionnaire passera par la case prison
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JusticeUn père tortionnaire passera par la case prison

L'homme qui a frappé et torturé sa fille adolescente en août 2007 à Meyrin (GE) écope de 30 mois de prison, dont six mois ferme.

La justice genevoise l'a reconnu coupable de lésions corporelles simples, de violation du devoir d'assistance ou d'éducation et de menaces.

Dans son jugement daté du 10 novembre, le Tribunal de police condamne aussi son épouse et mère de la fille à une peine privative de liberté de 18 mois avec sursis pour violation du devoir d'assistance ou d'éducation et de lésions corporelles simples. Les peines des parents sont assorties d'un délai d'épreuve de cinq ans.

Crâne rasé

Les faits remontent au dimanche 26 août 2007. Découvrant que sa fille âgée d'une quinzaine d'années utilisait une adresse de messagerie qui lui était inconnue, le père lui a demandé son mot de passe. Devant son refus, il l'a frappée à coups de pied et de poing sur tout le corps, dévêtue et, tenant un couteau de onze centimètres et un sac poubelle dans la main, menacée de la découper et jeter ses restes dans la forêt.

Emmenée en voiture dans les bois, où elle a encore été frappée, l'adolescente a finalement révélé le mot de passe. Après avoir pris connaissance du contenu de sa boîte à lettres électronique, les parents ont poursuivi leurs sévices. Comme l'adolescente communiquait avec un homme, son père lui a rasé la moitié du crâne avec le consentement de sa mère.

Sadisme et égoïsme

Le lundi, l'infirmière scolaire a emmené l'adolescente aux urgences. Les Hôpitaux universitaires de Genève ont demandé la clause du péril, et la fille a été prise en charge par le Service de protection des mineurs. De leur côté, les parents ont toujours nié les faits, se déclarant innocents et affirmant que leur fille a menti.

Le Tribunal de police est d'un autre avis. Relevant les incohérences et contradictions de la version des parents, il ne leur a reconnu aucune circonstante atténuante. Leur faute est lourde. Ils ont fait preuve de sadisme et d'égoïsme en agissant de la sorte. Au vu des souffrances infligées à leur fille, ils ont aussi été condamnées à lui verser 25'000 francs pour tort moral. (ats)

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