Genève: Un petit clan monopolise les heures sup' de la police
Actualisé

GenèveUn petit clan monopolise les heures sup' de la police

La Cour des comptes a étudié la gestion des forces de l'ordre. Elles peuvent mieux faire.

par
Jérôme Faas
En 2017, la police genevoise a fait 180000 heures supplémentaires.

En 2017, la police genevoise a fait 180000 heures supplémentaires.

Keystone

A l'interne, ces policiers qui dépassent les 200 heures sup' par an ont un nom: les top scorers. Il s'agit d'un club restreint. La Cour des comptes a identifié que, chaque année de 2012 à 2017, 25 mêmes agents, sur plus de mille, ont fait partie de ce cercle (et 55 de 2015 à 2017, 97 en 2016 et 2017). Pour les juges mandatés par la commission parlementaire de contrôle de gestion, la problématique n'est pas anodine. D'une part, ces heures sup' (piquets, simples, majorées à 25% ou 100%) coûtent cher. «L'enjeu annuel est de 10 millions, indique Stanislas Zuin, président de la Cour. C'est assez pour justifier une gestion maîtrisée de la planification.»

D'autre part, les 200 policiers les plus sollicités consomment 30% de toutes les heures surfacturées. Et les top scorers, via les récupérations horaires et salariales majorées, travaillent moins et gagnent plus que leurs collègues. Employés à 100%, ils font en fait du 85% et obtiennent un bonus annuel de 20 000 fr., en moyenne.

Selon la Cour, cette situation serait due à une pénurie, au sein de la police, de spécialistes. Rares, ils seraient donc systématiquement appelés en renfort. Le hic, c'est «qu'il y a quinze jours, la police n'était pas en mesure de nous dire, de manière fiable, si les top scorers étaient sollicités en raison de telle ou telle spécialité - il y en a plus de dix.» L'information serait pourtant utile, car les juges recommandent, plutôt que d'engager, de mettre sur pied «sans tarder» un plan de formation interne afin d'étoffer le nombre de spécialistes dans les domaines les plus demandés.

Ex-ministres étrillés, Maudet encensé

Le président de la Cour a tiré à vue hier. Il a noté que les recommandations des quatre derniers audits de gestion avaient été mal suivies par la police. Il a critiqué les conseillers d'Etat passés, Laurent Moutinot (PS) et Isabel Rochat (PLR), comme la tête de la police. Puis il a vivement loué l'actuel ministre Pierre Maudet (PLR), moteur du changement. Là, il décèle «une prise de conscience des chefs et une volonté de rompre avec le passé. Il a fallu dix ans.»

Ton opinion