Actualisé 26.07.2012 à 18:46

Liban

Un photographe battu par les forces de sécurité

Les forces de sécurité libanaises ont passé à tabac jeudi un photographe de l'AFP qui couvrait une manifestation d'islamistes hostiles au régime en Syrie voisine.

Mahmoud Zayyat a raconté avoir reçu des coups de pieds et avoir été battu avec des crosses de fusil alors qu'il photographiait un sit-in de partisans d'un dignitaire sunnite, Cheikh Ahmad el-Assir, farouche opposant du régime de Bachar al-Assad.

Les militants islamistes ont bloqué la route principale au nord de la ville de Saïda afin de dénoncer les violations de la frontière perpétrées par les forces syriennes et les prises de position de l'ambassadeur syrien au Liban.

Embouteillages et bagarres

Ce sit-in a provoqué des embouteillages et une foule s'est formée avant que des bagarres n'éclatent entre manifestants et passants.

«Les forces de l'ordre sont alors intervenues et j'ai commencé à prendre des photos. Ils m'ont alors donné des coups de pied et m'ont battu avec les crosses de leurs fusils. Ils m'ont pris mon appareil photo mais j'ai pu ensuite le récupérer», a-t-il dit.

Interrogée, une source des forces de sécurité a déclaré à l'AFP qu'«une enquête a été ouverte. S'il est prouvé que le journaliste a reçu des coups, le responsable devra répondre de ses actes».

L'ONU continue à oeuvrer pour l'arrêt des violences

Les Nations unies continueront d'oeuvrer pour faire cesser les violences en Syrie, en dépit du départ de la moitié des observateurs déployés depuis avril dans ce pays, a affirmé jeudi le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Hervé Ladsous.

«L'objectif de la mission de supervision de l'ONU en Syrie (Misnus) est de contribuer à faire cesser des violences et cela inclut l'utilisation d'armes lourdes par les forces gouvernementales», a déclaré M. Ladsous à la presse à l'issue de deux jours d'entretiens à Damas avec des responsables syriens et des personnalités de l'opposition.

«Lancer les processus politique»

L'ONU veut également contribuer à lancer «le processus politique», prévu par le plan de l'émissaire international Kofi Annan, auquel «il n'y a pas d'alternative pour le moment», a ajouté M. Ladsous.

Le responsable onusien a déploré «le très haut niveau de violences» dans les différentes villes syriennes, notamment à Damas, Alep (Nord), Deir Ezzor (est) et Homs (centre). Il a indiqué en réponse à une question que «le Conseil de sécurité de l'ONU n'est pas saisi de propositions» pour l'envoi de casques bleus en Syrie.

Sur les 300 observateurs de l'ONU, dont le mandat s'achève dans près d'un mois, la moitié a quitté la Syrie «temporairement» en raison des violences, mais «si les circonstances changeaient, ils seraient dépêchés» une nouvelle fois en Syrie, a-t-il expliqué.

Les 300 observateurs militaires non armés, accompagnés d'une centaine d'experts civils, avaient été déployés en avril afin de surveiller un cessez-le-feu qui n'a jamais été respecté. Ils avaient dû renoncer à la mi-juin à patrouiller sur le terrain en raison de l'intensification des combats.

Le nouveau chef des observateurs, le général Babacar Gaye, principal conseiller militaire de l'ONU, est arrivé mercredi à Damas. Ils a pris en charge la Misnus après le départ du général norvégien Robert Mood. (afp)

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