Crise grecque: Un plan de relance de 750 milliards d'euros

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Crise grecqueUn plan de relance de 750 milliards d'euros

Les ministres des Finances de l'UE se sont mis d'accord lundi sur la mise en place d'un plan de secours historique de 750 milliards d'euros pour aider les pays de la zone euro à sortir de la crise.

De son côté, le gouvernement grec a adopté sa réforme des retraites, l'une des mesures phares destinées à sauver la Grèce.

«Le plan a bien sûr été adopté», a déclaré le ministre grec de la protection sociale, Andréas Loverdos, à la sortie du Conseil des ministres. «Nous sommes devant un dilemne historique: permettre ou éviter l'effondrement du système» des retraites qui «risque l'effondrement après 2011» si rien n'est fait, a-t-il dit.

La réforme prévoit des coupes claires dans les pensions et le recul de l'âge de départ effectif à 65 ans. Selon les chiffres officiels, le financement des retraites atteindra 13,2% du PIB en 2020 si aucune mesure n'est prise.

Plus tôt, le Premier ministre Georges Papandréou avait appelé tous les Grecs à s'unir pour faire de «grands changements» et «laisser la Grèce d'hier», à l'issue d'une réunion exceptionnelle des chefs de partis sous la présidence du chef de l'Etat, Carolos Papoulias. Le parti communiste et le Syriza (Coalition de gauche), qui représentent 10% des députés au parlement, avaient boycotté cette réunion.

Le gouvernement socialiste tente d'obtenir un consensus politique sur un plan d'austérité, le plus drastique qu'ait connu la Grèce, promis à l'Union européenne (UE) et au Fonds monétaire international (FMI) en échange d'une aide de 110 milliards d'euros.

«Accord très positif»

A Bruxelles, après plus de onze heures de tractations, les ministres des Finances de l'UE se sont eux mis d'accord dans la nuit de dimanche à lundi sur la mise en place d'un plan de secours historique allant jusqu'à 750 milliards d'euros pour aider la zone euro.

«C'est un accord très positif» et une réponse «à tous ceux qui essaient de miner la situation économique et financière de l'UE» par des spéculations contre l'euro, s'est réjoui lundi le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, dont le pays préside l'UE.

Grâce à cet accord, «toute tentative pour affaiblir la stabilité de l'euro échouera», a affirmé le président de la Commission européenne José Manuel Barroso. Les décisions prises vont permettre de «renforcer et protéger l'euro», s'est félicitée pour sa part la chancelière allemande Angela Merkel.

Cette enveloppe sans précédent dans l'histoire récente pour un programme de soutien financier inclut des prêts et garanties des pays de la zone euro, ainsi que des prêts du FMI.

La Suisse est engagée financièrement par l'intermédaire du FMI. Le président de la Confédération Hans-Rudolf Merz a précisé au téléjournal de la TSR qu'il ne s'agissait «pas de dépenses mais de crédits». Quant au montant qui sera facilité par la Suisse, «il n'a pas encore été décidé», a dit M. Merz.

Au pied du mur

Le total de l'aide se décompose en 60 milliards de prêts apportés par la Commission européenne et de 440 milliards d'euros de prêts et garanties par les pays de la zone euro, soit 500 milliards côté européen. Le FMI s'est engagé de son côté à apporter une contribution additionnelle de 250 milliards sous forme de prêts.

«Ce qui a été fait hier par les Européens est réellement un grand pas en avant», s'est réjoui son directeur général, Dominique Strauss- Kahn.

La Banque centrale européenne a fait également un geste en décidant d'intervenir pour soulager le marché de la dette en zone euro. Les banques centrales de la zone euro ont commencé lundi l'achat d'obligations d'Etat européennes, ce qui revient à leur prêter de l'argent.

Les Européens étaient au pied du mur pour trouver une solution pour défendre la zone euro, alors que la crise grecque menace d'emporter dans son sillage d'autres pays fragiles de la zone euro comme le Portugal ou l'Espagne, mais aussi de déstabiliser les marchés mondiaux. (afp)

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