Zurich – Un poil incarné à la fesse l’empêche de travailler depuis 4 ans
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ZurichUn poil incarné à la fesse l’empêche de travailler depuis 4 ans

Un jeune Alémanique a dû être opéré il y a plusieurs années en raison d’une fistule anale, provoquée par un poil sous la peau. Malgré divers traitements, il souffre toujours d’énormes douleurs.

par
Deborah Gonzalez/ofu
La situation pèse sur le moral de Giovanni.

La situation pèse sur le moral de Giovanni.

Privé

Du jour au lendemain, la vie de Giovanni a basculé. Jamais, ce jeune homme de 29 ans n’aurait pensé qu’une chose aussi insignifiante qu’un poil puisse avoir un aussi gros impact sur son quotidien. «Il y a six ans, je me suis réveillé en sueur, au milieu de la nuit. J’avais très mal. J’ai senti qu’il y avait quelque chose à l’intérieur de ma fesse gauche. Les douleurs étaient insupportables», se souvient l’Alémanique. Pour finir, il a dû appeler une amie pour qu’elle l’amène aux urgences.

Les médecins ont découvert que les douleurs provenaient d’un poil incarné. La région autour de ce poil était infectée, ce qui a provoqué une fistule anale, une sorte d’abcès qui se forme sous la peau. Raison pour laquelle Giovanni a dû être opéré au lendemain de son hospitalisation. Or malgré l’intervention, les douleurs ne se sont pas atténuées. Deux autres interventions chirurgicales effectuées par la suite n’ont rien changé. Un drainage régulier de la fistule, permettant l’évacuation du pus, le soulage mais ne permet pas de régler le problème.

«J’étais vraiment choqué!»

Après trois ans de douleurs quasi-continues, Giovanni a décidé de se renseigner sur des traitements alternatifs. Admis dans un autre hôpital, le jeune homme a subi une coloscopie. Cette intervention a permis aux médecins de détecter chez lui des verrues génitales, une sorte d’herpes mais dans la région anale. Un deuxième coup dur à encaisser pour le jeune Alémanique. «Quelle poisse! J’étais vraiment choqué. Du coup, il a fallu traiter d’abord ces verrues car elles peuvent provoquer dans le pire des cas un cancer de l’anus. Je ne voulais qu’une chose: que ce cauchemar cesse! Tout ça pour un poil incarné!»

Une fois le problème des verrues réglé, Giovanni a continué un traitement médicamenteux pour soigner sa fistule, toujours infectée et douloureuse. Aujourd’hui, il en est toujours au même stade. Il peut à peine s’assoir. «Tout ce qui me va, c’est rester debout ou me coucher sur le côté. Même les balades sont problématiques. Mes mouvements doivent être lents et pas brusques.» Cela fait maintenant quatre ans que Giovanni ne peut plus travailler en tant qu’éducateur dans une crèche. «Je me sens mal parce que je veux bosser, mais que je n’y arrive pas. Et surtout parce qu’il n’y a pas d’amélioration en vue.» Ses problèmes physiques sont désormais devenus psychiques: «J’ai tellement peur qu’une deuxième fistule se forme. Cette pensée me hante.»

Daniel Steinemann, médecin-chef du service de chirurgie viscérale à Clarunis Basel, assure que les complications subies par Giovanni sont extrêmement rares. «Les chances pour qu’un poil incarné disparaisse complètement sont de 90%.»

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