Actualisé 27.04.2020 à 10:08

Polémique en France

Un policier frappe un homme avec une muselière

Une vidéo de l'interpellation musclée d'un individu à Toulouse a provoqué un tollé. Et dimanche, des images montrant des policiers tenant des propos racistes lors d'une arrestation près de Paris ont choqué.

Devenue virale sur le Net, une vidéo montrant l'interpellation musclée à Toulouse d'un homme présenté comme malade psychiatrique suscite l'indignation des défenseurs des droits de l'Homme. De leur côté, les syndicats de police invoquent la dangerosité de l'individu. Sur les images tournées dans la nuit de vendredi à samedi dans le quartier de Purpan, où se trouve un CHU, on peut voir un policier frapper un homme au visage à coups de muselière tandis que d'autres agents tentent de le maîtriser au sol.

Le syndicat Unité SGP Police, souligne dans un communiqué daté de dimanche que l'homme, «1m90 pour 130 kilos (...) s'était évadé d'un service psychiatrique (et était) désigné comme instable psychologiquement et potentiellement en possession d'une grenade et d'une arme de poing». Secrétaire régional de ce syndicat, Didier Martinez poursuit: «Il était nécessaire pour les effectifs intervenant de parvenir à menotter cet homme très corpulent et de plus en plus virulent afin de tenter de le raisonner pour se laisser maîtriser.»

«Certains policiers se lâchent»

Interviewé par «La Dépêche du Midi», David Leyraud, un des responsables régionaux du syndicat Alliance Police Nationale, ajoute que l'homme avait résisté à son interpellation notamment en frappant «l'un des agents avec un bâton». Les défenseurs des droits de l'Homme, se disent pour leur part choqués par la «violence» de l'interpellation. «On peut s'étonner de la manière dont un policier s'est comporté. L'attitude nous paraît inadaptée en termes de violence et de respect de la dignité de la personne. Les images sont choquantes», a déclaré à l'AFP Jeff Mignard de l'antenne toulousaine de la Ligue des droits de l'Homme (LDH).

«Cette violence est dans la continuité des violences policières que nous observons depuis plusieurs années. Dans cette période de confinement, nous constatons que certains policiers se lâchent», s'indigne Pascal Gassiot, membre de la fondation Copernic et de l'Observatoire des violences policières. Selon «La Dépêche du midi», l'homme interpellé a été placé en garde à vue. Sollicité par l'AFP samedi en fin d'après-midi, le parquet de Toulouse n'avait pas communiqué dimanche.

Propos racistes lors d'une arrestation en Seine-Saint-Denis

À cette polémique vient s'ajouter un deuxième scandale impliquant des policiers. Une vidéo montrant des représentants des forces de l'ordre tenir des propos racistes et offensants a été diffusée dimanche sur Twitter. Sur ces images publiées par le journaliste du site Là-bas si j'y suis, Taha Bouhafs, des policiers sont filmés après une interpellation. Ils ont des commentaires racistes à l'endroit d'un suspect qualifié de «bicot». La scène se passe visiblement de nuit et sur l'Île-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), selon Taha Bouhafs.

«Un bicot comme ça, ça nage pas», entend-on. « Haha ça coule, tu aurais dû lui accrocher un boulet au pied », est-il ajouté, laissant supposer que les agents ont sorti le suspect de l'eau de la Seine, toute proche. Sur d'autres images, on entend les policiers rire et des bruits sourds venant du fourgon policier où l'interpellé, qui paraît crier, a été placé. Dans un message adressé à l'AFP, la préfecture de police a affirmé saisir l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). Selon la préfecture de police, les fonctionnaires intervenaient dans le cadre d'un vol en réunion. Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a réagi sur Twitter: «Le racisme n'a pas sa place dans la police républicaine», a-t-il écrit.

Selon les premiers éléments obtenus, «l'homme a été conduit à l'hôpital après sa chute dans la Seine», a déclaré à l'AFP la procureure de la République de Nanterre, Catherine Denis, selon laquelle aucune plainte n'a été pour l'heure déposée. Selon la magistrate, les policiers intervenants n'appartiendraient pas au commissariat de Villeneuve-la-Garenne comme l'affirme la vidéo, mais dépendraient néanmoins de la Direction territoriale de la sécurité de proximité des Hauts-de-Seine.

Le député La France insoumise de Seine-Saint-Denis Éric Coquerel a dénoncé une vidéo décrite comme «inacceptable». «Je ne sais pas ce que ce dernier a fait, je sais par contre que le 17 octobre 1961, on a retrouvé sur ces mêmes berges les corps d'Algériens noyés par la police. Entendre aujourd'hui de tels propos et comportements racistes de la part de fonctionnaires de police est une honte et une grande inquiétude », a-t-il fustigé dans un communiqué. «Avec le maire de l'Île-Saint-Denis, Mohamed Gnabally, nous sommes en contact avec les autorités pour en savoir plus sur ces faits condamnables.»

(20 minutes/afp)

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