Un poulet comme animal domestique
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Un poulet comme animal domestique

Colleyville, Texas - Le nouveau meilleur ami de l'homme n'aboie pas mais caquète...

Aux Etats-Unis, de plus en plus de citadins décident en effet d'adopter des poulets. Même si le volatile est moins joueur qu'un chiot, les propriétaires confient qu'il apporte une présence apaisante dans leur jardin. Sans parler des oeufs bio.

«Il n'y a rien de tel pour se calmer que de s'asseoir dans le jardin pour regarder les poulets chercher des insectes à coups de bec et caqueter entre eux», explique Carla Allen, qui garde des poulets dans son ranch de San Marcos, au Texas.

Aucun chiffre ne permet véritablement d'illustrer l'engouement des foyers citadins américains pour ce nouveau genre d'animal domestique. Il est difficile de déterminer s'ils les utilisent comme animal de compagnie ou pour les manger, observe Bob Vetere, président de l'Association des fabricants de produits pour animaux domestiques.

Le magazine «Backyard Poultry» (Volaille de basse-cour) a été relancé il y a un an et demi, après été interrompu dans les années 1980. Le lectorat de la revue éditée dans le Wisconsin est monté en flèche, par rapport aux deux autres publications du groupe, «Sheep! Magazine» consacré aux moutons et «Dairy Goat Journal» aux chèvres. L'éditeur Dave Belanger a expliqué que le nombre d'abonnés de «Backyard Poultry», actuellement à 50.000, était dix fois plus important que ses prévisions.

Bud Wood, président du couvoir Murray McMurray à Webster City (Iowa), se dit étonné par le nombre d'appels qu'il a reçus de citadins. La plupart viennent des personnes désireuses de consommer des produits biologiques et de «savoir d'où viennent leurs oeufs», note-t-il. «On retrouve beaucoup de citadins dans cette catégorie».

C'est le cas de Natalie Genco, qui vit à Colleyville, dans la banlieue de Dallas. Cette mère de quatre enfants affirme que les oeufs provenant de ses volailles ont meilleur goût que ceux vendus dans le commerce. Elle ajoute que ses enfants adorent les chercher. «C'est un peu Pâques chaque jour», confirme sa fille âgée de neuf ans, Sophia, jouant avec les volailles familiales.

Chacune des neuf poules de la famille Genco pond un oeuf par jour, ce qui leur permet d'obtenir jusqu'à 63 oeufs par semaine. Les volailles se nourrissent des sauterelles et moustiques qui prolifèrent par temps chaud et humide, explique Natalie Genco.

Traci Torres a participé en novembre dernier au lancement du site Internet www.mypetchicken.com pour tirer profit du phénomène. Grâce au site, elle vend des lots de trois poussins. Les couvoirs plus traditionnels en vendent 25 à la fois. «Notre objectif est de faciliter les choses pour les gens qui ne savent pas ce qu'ils faut faire», explique-t-elle. Le site vend également des produits liés aux volailles, comme l'enclos préfabriqué pour 570 dollars (410 euros). Les poussins sont vendus entre deux et trois dollars (1,50 à 2,20 euros).

Chez Murray McMurray, les affaires sont florissantes. Le couvoir vend deux millions de volailles par an aux propriétaires de petites fermes, à des clients ruraux et des citadins. Les clients de Bud Wood doivent commander au moins 25 poussins, mais les citadins décident généralement de se partager une commande.

La plupart des propriétaires doivent cependant se plier à des règlements municipaux qui ne sont pas toujours accueillants avec les poulets. A New York, Los Angeles et Chicago, il est parfaitement légal d'avoir des volailles, sous certaines restrictions, mais elles sont interdites dans d'autres villes.

Sarah Hempel Irani, 29 ans, habite à Frederick, dans le Maryland. Elle a lancé un blog intitulé «The Urban Chicken Underground» destiné à obtenir la levée de l'interdiction du poulet dans les villes. «Les gens pensent qu'ils sont bruyants et malodorants, mais mes poulets sont beaucoup plus calmes et propres qu'ils ne le pensent».

Avec leurs 8.000 mètres carrés, les Genco ont toute la place nécessaire pour de nombreux poulets, quelques chèvres et des chevaux. Seul souci, leur unique coq qui chante à toute heure de la journée. Mais la famille a trouvé une solution. «Nous achetons nos voisins avec des oeufs», confie Natalie Genco. «Ils les adorent».

AP

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