Primaires socialistes en France: Un premier débat policé
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Primaires socialistes en FranceUn premier débat policé

Les six candidats socialistes ont fait face aux Français sur France 2, jeudi soir, dans le cadre de la primaire pour les élections présidentielles de 2012.

Les six socialistes face aux Français pour la primaire.

Les six socialistes face aux Français pour la primaire.

A 24 jours du scrutin, les six candidats à la primaire PS de l'élection présidentielle française se sont confronté jeudi soir lors leur première joute audiovisuelle sur France 2 devant les Français, avec un enjeu: se démarquer sans s'affronter.

Décor, mise en scène, temps de parole. Tout a été négocié au trébuchet entre les six écuries. A l'arrivée, une stricte égalité qui fait fi des sondages distinguant les trois grands candidats dominants, François Hollande, Martine Aubry et Ségolène Royal.

Les six candidats ont adopté un ton grave, et la crise s'est d'emblée imposée comme le thème-phare. Le mot «inquiétude» mais aussi celui d'»espoir» est revenu dans la bouche des six prétendants.

Premier temps, les présentations de chaque candidat en une minute. Martine Aubry a été la première à parler, selon le tirage au sort. «Mes priorités sont les vôtres: l'emploi, pouvoir d'achat, l'éducation et la sécurité», a déclaré l'ancien numéro deux du gouvernement Jospin, se disant «déterminée» et «prête» et faisant valoir «toutes ses responsabilités» passées.

Ensuite Manuel Valls, qui veut incarner «la gauche qui dit la vérité», a jugé que «Nicolas Sarkozy a échoué mais les vieilles recettes ne sont plus d'actualité». Sa «priorité, le désendettement du pays».

Arnaud Montebourg, chantre de la démondialisation, a enchaîné: «les responsables de la crise sont connus: la finance mondiale et les gouvernements qui ont démissionné devant elle». Lui, le petit-fils d'un «Arabe d'Algérie», fils de «boucher-charcutier», qui veut des «mesures radicales et draconiennes», a rappelé qu'il était «un enfant de cette République mélangée qui a fait la France».

La «sensibilité» du PRG

Seul candidat non socialiste, le PRG Jean-Michel Baylet a mis en avant sa volonté d'apporter à la primaire sa «sensibilité», «celle d'un chef d'entreprise engagé à gauche» et celle «d'un militant radical» qui veut «mettre ses idées au service du progrès et du rassemblement pour la victoire en 2012».

L'ex-candidate à l'Elysée en 2007 a, elle, affirmé vouloir «reconstruire l'escalier social pour tous ceux qui font des efforts». «Voilà le sens de mon engagement car, la République française, c'est l'égalité des possibles», a-t-elle dit, en rappelant que, boursière, elle avait fait ses études «sans relations et sans piston». Seuls M. Montebourg et Mme Royal ont évoqué leurs origines familiales.

Dernier des six, François Hollande a jugé que «la seule question qui vaille» était: «réussir le changement en 2012». Pour le député de Corrèze, trois conditions: «la crédibilité», «la justice notamment fiscale sans laquelle il n'y a pas d'efforts consentis, une grande espérance sans laquelle une nation ne peut pas se redresser». Trois mesures pour défendre le pouvoir d'achat

Chaque candidat s'est ensuite soumis au «grand oral», interrogé par trois journalistes de France 2 et du «Monde», autour d'une table rectangulaire de verre transparente. Un thème imposé, la crise et un choisi par le candidat.

Jean-Michel Baylet a amusé les habitués de twitter qui ont relevé qu'il n'était «pas Madame Soleil». Arnaud Montebourg a préconisé trois mesures pour défendre le pouvoir d'achat dont le blocage des loyers. Ségolène Royal s'est présentée comme «la garante de la morale publique».

Dans la troisième partie de 50 minutes, ils devaient ensuite s'interpeller et répondre, chacun pouvant marquer avec plus de vigueur sa différence. Avant un mot de conclusion pour chacun. Un public de 140 anonymes les écoutait sur fond de décor bleuté et très épuré.

Un deuxième débat aura lieu le 28 septembre sur i-Télé, en partenariat avec Europe 1 et Le Parisien, un troisième le 5 octobre sur BFM-TV avec RMC et Le Point. S'il y a un deuxième tour, un quatrième débat pourra se tenir le mercredi 13 octobre sur France Télévisions.

(ats/afp)

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