18.06.2019 à 18:25

Lausanne

Un premier gréviste du climat devant la justice

Après l'occupation des Retraites populaires lors d'une grève du climat, un militant comparaît au Tribunal des mineurs. Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées pour le soutenir.

de
Pauline Rumpf

A 17 ans, Zakaria Dridi est le premier militant à être convoqué par la justice pour une action en marge d'une grève du climat. Aux côtés d'une cinquantaine d'autres personnes, il avait participé à l'occupation pacifiste des Retraites populaires le 15 mars dernier. Refusant les injonctions à quitter les lieux, une dizaine de manifestants avaient dû être évacués manu militari par la police, qui avait relevé leurs identités.

Seul mineur au moment des faits, et sur dénonciation des forces de l'ordre, il a donc été mardi le premier à comparaître, pour «empêchement d'accomplir un acte officiel». Ses camarades, tous majeurs, n'ont pas encore reçu de nouvelles de la justice. Les Retraites populaires, elles, n'avaient pas déposé plainte. «Je suis un peu inquiet, mais ce procès ne remet pas en cause mon engagement. Il le renforce», assure Zakaria Dridi.

Rassemblement de soutien

Une soixantaine de personnes se sont rassemblées, mardi devant le Tribunal des mineurs, pour soutenir Zakaria Dridi, dont des membres de la grève du climat, d'Extinction Rebellion, mais aussi du POP. Inscrit dans la section des jeunes du parti, il est en effet candidat au Conseil national lors des élections fédérales d'octobre. Les députés Marc Vuilleumier et Vincent Keller ont fait acte de présence pour soutenir leur poulain et son «écologie politique», tout comme la candidate malheureuse au Conseil d'Etat Anaïs Timofte.

Tous ont dénoncé un procès politique, et une volonté de «casser la mobilisation de la jeunesse». Les militants ont aussi défendu la méthode de la désobéissance civile. «Qu'est-ce qui est le plus grave? Rester assis dans une banque qui investit dans les énergies fossiles, ou bousiller la planète et nous tuer à petit feu? questionne Julie, 16 ans. Il faut condamner les vrais coupables.» Et Jordan Willemin, président des Jeunes POP VD, d'ajouter: «L'occupation pacifiste est une méthode qui se justifie par sa cause. Rappelons-nous que Zakaria n'a fait de mal à personne.»

Amende ou travaux d'intérêt général

Les plaidoiries interviendront dans les semaines à suivre. «Les faits ne sont pas contestés, précise Me Loucy Weil, avocate du jeune homme. Il s'agira pour le juge de décider si les limites de l'acceptable ont été dépassées dans le cadre d'une manifestation. C'est une question juridique, et pas, je l'espère, une question politique.» Le jeune homme encourt une amende, ou des travaux d'intérêt général.

Deux heures et demi d'occupation

Les faits remontent à la grève du climat du 15 mars. Une cinquantaine de manifestants s'étaient installés dans les locaux des Retraites populaires, qui gère la Caisse de pension de l'Etat de Vaud (CPEV), pour protester contre ses investissements dans les énergies fossiles. Refusant les injonctions de la police à s'en aller, ils avaient bloqué les locaux pendant un peu plus de deux heures et demi, et mené une discussion informelle avec le directeur général de l'établissement, Philippe Doffey. Une évacuation s'en était suivie, et les manifestants qui refusaient de sortir avaient dû être traînés dehors par les agents. Le tout s'était déroulé dans le calme et sans heurts.

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