Berne: Un premier signal politique pour quitter le glyphosate
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BerneUn premier signal politique pour quitter le glyphosate

Alors que le glyphosate est combattu de partout, un premier pas vers une sortie définitive en Suisse a été franchi: un rapport devra être élaboré pour en étudier les modalités.

par
Pauline Rumpf
Le glyphosate est l'herbicide le plus utilisé en Suisse ainsi que dans le monde.

Le glyphosate est l'herbicide le plus utilisé en Suisse ainsi que dans le monde.

Keystone

Le premier pas est timide, mais il a été franchi: fin janvier, le Conseil fédéral a accepté un postulat demandant d'étudier les possibilités d'un plan de sortie du glyphosate.

«Etre prêts à réagir»

«La France y travaille déjà et on peut s'attendre à une évolution comparable en Europe», explique la Conseillère nationale Adèle Thorens (Verts/VD), auteure du postulat. Si aucun parlementaire ne combat la position du Conseil fédéral, un rapport sera rédigé. Le monitoring des denrées alimentaires lancé en 2016 en fera partie. Celui-ci révèle que 40% d'entre elles contiennent des traces de glyphosate, mais dans des doses inférieures aux limites légales.

«La Suisse n'utilise pas le glyphosate de la même manière que ses voisins, mais elle a une image à sauvegarder, rappelle l'écologiste. La «Stratégie qualité» de la Suisse serait fortement atteinte si des pays voisins commençaient à se passer de ce produit contesté, et que nous continuions à l'utiliser! Nous devons être prêts à réagir, c'est une chance unique d'enfin avancer sur ce dossier.»

Utilisation différente en Suisse

Se passer du glyphosate, pourquoi pas, estime Jacques Bourgeois, directeur de l'Union suisse des paysans. Mais pas tant qu'il n'y a pas d'alternative. «Nous l'utilisons pour nettoyer le sol avant semis, éviter de labourer, et ainsi améliorer la qualité du sol en respectant sa structure», explique-t-il.

Le Conseiller national PLR ne s'oppose pas à un rapport qui présenterait des pistes viables, mais rappelle que l'utilisation européenne est bien plus problématique, car elle intervient juste avant la récolte, et touche donc le produit fini.

Un sursis de 5 ans

Fin novembre, le pesticide controversé a obtenu de justesse un sursis de 5 ans auprès de l'Union Européenne. La France s'est engagée contre cette nouvelle autorisation, et souhaite légiférer de son côté en vue d'une interdiction «dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans trois ans», selon le président Macron. Ce produit est considéré comme «probablement cancérigène» par une agence de l'Organisation mondiale de la santé, contredite par d'autres.

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