Actualisé 10.07.2013 à 09:52

Neuchâtel/AbidjanUn président de commune accusé d'escroquerie

Une entreprise ivoirienne a déposé plainte contre une société suisse pour malversations. L'élu d'un exécutif serait mêlé à l'affaire.

de
Abdoulaye Penda Ndiaye

L'histoire ressemble à une affaire de «brouteurs», le surnom donné à des escrocs africains, mais, ici, à l'envers. Car le plaignant ne se trouve pas en Europe et le filou ne réside pas en Afrique de l'Ouest. Une entreprise de Côte d'Ivoire, Atlantique Technologies SA, accuse une société anonyme basée à Cernier (NE) de malversations.

Tout est parti d'une commande de 1000 ordinateurs portables pour un montant total de 370'000 francs. Les Ivoiriens n'y ont vu que du feu: l'envoi reçu au port d'Abidjan contenait des sacoches vides. Pourtant, fustige la plaignante, l'entreprise neuchâteloise – alors dirigée par l'actuel président d'une commune du bas du canton – aurait exigé et obtenu que le solde de la commande soit payé avant l'envoi du matériel. L'affaire remonte à décembre 2009 et n'a toujours pas connu de dénouement.

La voie extrajudiciaire n'a rien donné et, entre-temps, la société de Cernier a fait faillite. Les Ivoiriens ont fait appel à un avocat genevois et réclament 647'000 fr. Le dossier est en cours d'instruction pénale.

Plusieurs litiges en cours

Selon nos informations, le président neuchâtelois aurait aussi un autre litige avec son ancien employeur, pendant en justice (lire encadré). Et plus récemment, le parti libéral-radical local a évoqué l'opacité d'une société anonyme administrée par l'élu et dans laquelle la commune a des parts. Le parti a dit sa crainte «d'affectations inadéquates des deniers publics».

Invité par téléphone à donner sa version des faits, le chef de l'exécutif a sèchement raccroché et n'a plus répondu à nos appels.

«A présent, je ne crois plus à ses dires»

Le président de la commune incriminé devra aussi se présenter au Tribunal des prudhommes pour un différend avec son employeur neuchâtelois qui l’a licencié ce printemps. Un de ses anciens collaborateurs rappelle une autre affaire qui remonte en 2010. «Il devait remettre des montres d’une valeur de 40 000 francs à un client arabe, en Italie. Mais à son retour, il a dit qu’il avait été victime d’un vol. Avec le recul, je ne crois plus à ses dires.» En revanche, un partenaire de l’élu signale que jusqu’à présent, il n’a «rien à lui reprocher».

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